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11/04/2016 02:00 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Syrie: les jihadistes à l'offensive menacent le cessez-le-feu (OSDH)

Les jihadistes d'Al-Qaïda, alliés à des rebelles, étaient à l'offensive dans le nord, le centre et la région côtière de la Syrie, mettant en danger la trêve deux jours avant la reprise des négociations de paix à Genève, selon l'OSDH.

Pour sa part, le groupe Etat Islamique (EI) a repris le contrôle d'al-Raï, un point de passage avec la Turquie, dont il avait été chassé la semaine dernière par les rebelles, indique lundi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Même si le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et l'EI ne sont pas concernés par la trêve conclue le 27 février sous les auspices des États-Unis et de la Russie, ces opérations militaires, notamment contre l'armée syrienne, risquent de faire effondrer le fragile cessez-le-feu.

"Al-Nosra, allié à des groupes rebelles, mène trois offensives synchronisées" dans les provinces d'Alep, de Hama et de Lataquié, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Jusqu'à présent, les jihadistes ont réussi à s'emparer d'une colline dans la région montagneuse de la province de Lattaquié, berceau du président Bachar al-Assad et de sa communauté alaouite.

"Il s'agit de l'offensive que le Front al-Nosra avait menacé de mener il y a quelques semaines", souligne Rami Abdel Rahmane. Al-Qaïda avait annoncé à la mi-mars une offensive après le retrait partiel des troupes russes à la demande du président Vladimir Poutine.

Une source militaire a confirmé que des "groupes armés" avaient "tenté d'attaquer plusieurs positions militaires dans les provinces de Lattaquié et Hama mais sans réussir à avancer".

Dans le même temps, l'EI a repris la localité d'al-Raï, un point de passage de première importance avec la Turquie voisine, dont les rebelles s'étaient emparés jeudi.

"Le fait que les rebelles ne puissent pas tenir al-Raï démontre qu'il leur est impossible de conserver une position contre l'EI sans couverture aérienne", estime le directeur de l'OSDH.

Cette vague de violence survient juste avant une nouvelle session de négociations indirectes entre le régime et l'opposition sous les auspices de l'ONU prévue à partir de mercredi à Genève.

"Ni Al-Nosra ni l'EI n'ont intérêt à un cessez-le-feu ou à une solution pacifique à la guerre en Syrie, car cela conduirait à éliminer leur rôle", souligne Rami Abdel Rahmane.

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