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11/04/2016 05:38 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Sidérurgie : Tata Steel lance la vente ses activités au Royaume-Uni

Le géant indien de la sidérurgie Tata Steel a donné lundi le coup d'envoi de son désengagement du Royaume-Uni, plaçant le gouvernement britannique face à la nécessité impérieuse de trouver un repreneur pour sauver plusieurs milliers d'emplois.

Le groupe n'a pas traîné : moins de deux semaines après avoir annoncé qu'il envisageait de se défaire de tout ou partie de ses activités britanniques acquises il y a près d'une dizaine d'années, faute de pouvoir les rentabiliser selon lui, la vente a démarré. "Le processus formel a démarré aujourd'hui (lundi)", a-t-il annoncé dans un communiqué.

Principale raison invoquée pour expliquer ce retrait : la concurrence déloyale de l'acier chinois, exporté à un prix bradé. Mais Tata Steel a aussi mis en cause des coûts de fabrication élevés, la faiblesse continue de la demande en acier sur le marché domestique et une monnaie volatile.

Sa décision, le 29 mars, a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le pays et enclenché une pluie de critiques contre le gouvernement de David Cameron, accusé d'avoir laissé venir la crise malgré les nombreuses alertes envoyées par le secteur. Et d'avoir préféré privilégier ses relations commerciales avec la Chine.

Le gouvernement est en effet accusé de s'être opposé aux efforts de l'Union européenne (UE) pour élever ses barrières tarifaires afin de protéger son acier, notamment face aux importations chinoises.

Pour tenter de rattraper le coup et montrer l'implication du gouvernement à trouver le meilleur repreneur possible, le ministre des entreprises Sajid Javid s'était rendu en Inde la semaine dernière pour rencontrer le patron du groupe Tata, Cyrus Mistry.

- Une grosse opération -

"Je veux m'assurer que lorsque la documentation (sur la vente) sera publiée, il apparaisse clairement que le gouvernement britannique a un rôle vis-à-vis de tout repreneur potentiel et que nous sommes bien coordonnés avec Tata", avait-il expliqué.

Tata veut pouvoir vendre rapidement mais pour l'instant le seul groupe à avoir exprimé un intérêt publiquement est Liberty House, propriété du magnat indien Sanjeev Gupta. Ce dernier, que M. Javid doit rencontrer mardi, a suggéré qu'il pourrait éventuellement redresser l'activité sidérurgique aujourd'hui dans les mains de Tata, sans suppressions d'emploi, en réorientant une partie de l'activité.

Mais dimanche, il a quelque peu soufflé le froid dans le Sunday Telegraph. "Je voudrais le faire mais je ne peux pas m'y engager, a-t-il dit. C'est une trop grosse opération pour faire n'importe quoi. Cela pourrait mettre en péril l'entreprise dans son ensemble".

Quelque 15.000 emplois directs sont en jeu, dont 4.000 sur le site géant de Port Talbot au Pays de Galles. Une délégation de cette usine, ainsi que de Llanwern, Troste et Rotherham entre autres ont décidé de se rendre à Londres lundi après-midi pour écouter M. Javid s'adresser au Parlement sur l'avenir de l'acier britannique.

Un autre dossier a en revanche pris une tournure plutôt positive : Tata Steel a aussi annoncé lundi avoir signé un accord pour la vente au fonds d'investissement Greybull Capital de ses activités acier long en Europe, dont l'usine française d'Hayange, en Moselle, et celle de Scunthorpe (nord de l'Angleterre).

Les deux partenaires étaient entrés en négociations exclusives en décembre pour le rachat de cette activité, qui emploie 4.800 personnes (400 en France et 4.400 au Royaume-Uni).

Greybull Capital, un fonds britannique, a annoncé qu'il allait consacrer 400 millions de livres (495 millions d'euros) à un plan d'investissements et de financement de l'entreprise, qui sera relancée sous le nom British Steel.

Cette annonce a été saluée par le secrétaire général du syndicat Community Roy Rickhuss comme garantissant "l'avenir de l'activité acier long" dans le pays.

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