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11/04/2016 09:39 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Présidentielle en RDC: "le délai constitutionnel" est un "problème" (UA)

Le facilitateur de l'Union africaine (UA) pour le "dialogue national" en République démocratique du Congo a estimé lundi à Kinshasa que le respect du "délai constitutionnel" était un "problème" pesant sur l'organisation de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année.

"Le problème qu'il y a aujourd'hui dans le pays c'est qu'il y a le délai constitutionnel, qu'il faut respecter, [mais] il y a aussi le problème que tous les jours qui passent sont des jours qui ne permettent pas de dire que nous allons respecter ce délai", a déclaré l'ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo à la presse.

"Je n'entre pas dans la querelle entre légalistes" et "ceux qui disent: il faut être pragmatique", a-t-il assuré en référence au débat politique qui agite Kinshasa.

Vendredi, le gouvernement congolais a accusé l'ONU et l'opposition au président Joseph Kabila de faire preuve d'"irresponsabilité" en continuant d'appeler à la tenue de la présidentielle avant la fin de l'année.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé le 30 mars le mandat de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

Sa nouvelle résolution insiste sur la "nécessité d'un dialogue politique ouvert", permettant la tenue "des élections présidentielle et législatives d'ici novembre 2016, conformément à la Constitution" et elle a été saluée par plusieurs plateformes d'opposition au Congo.

Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un "dialogue national inclusif" destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

Alors qu'approche la fin du mandat de M. Kabila (en décembre) - à qui la Constitution interdit de se représenter - aucune date n'a encore été fixée pour la tenue de la présidentielle et certains dirigeants de la majorité réclament une transition de deux à quatre ans pour pouvoir organiser de "bonnes élections".

A l'inverse, une large frange de l'opposition considère l'appel au dialogue du président, au pouvoir depuis 2001, comme une manoeuvre et un "piège" pour lui permettre de rester en poste au-delà de son mandat.

Le Congo-Kinshasa traverse une crise politique profonde depuis les élections législatives et présidentielle de novembre 2011 marquées par des irrégularités et des fraudes massives et ayant reconduit pour cinq ans M. Kabila et sa majorité à la tête du pays.

L'UA a annoncé le 6 avril la nomination de M. Kodjo comme "facilitateur du dialogue national" voulu par M. Kabila en vue de la tenue d'"élections apaisées" en RDC.

Devant la presse à Kinshasa, M. Kodjo a estimé que sa mission était "délicate" mais "pas du tout impossible", ajoutant : "Il n'y a plus une minute à perdre, le dialogue doit être lancé."

Samedi, le G7, coalition réunissant sept partis d'opposition refusant de participer au dialogue, a souhaité que M. Kodjo ne soit pas venu au Congo "pour remettre en cause" la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, "ni pour aider la majorité présidentielle actuelle à créer une nouvelle légitimité extra-constitutionnelle, ni pour cautionner l'organisation d'une énième transition qui durerait trois ou quatre ans".

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