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11/04/2016 06:53 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Pour Madrid, le Panama n'est pas un paradis fiscal

L'Espagne considère que le Panama n'est pas un paradis fiscal, a réitéré lundi son ministre de la Justice, après la diffusion des "Panama papers" ayant conduit la France à replacer ce pays sur sa liste noire de paradis fiscaux.

Cette déclaration survient alors que le grand quotidien El Mundo (centre-droite) a signé lundi un éditorial demandant à l'Espagne de faire de même, accusant Madrid d'avoir retiré le Panama de sa liste noire en 2011 pour bénéficier de juteux contrats liés à l'élargissement du canal.

"Il ne me semble pas que le Panama soit un paradis fiscal, dans la mesure où il existe les garanties d'un Etat de droit", a déclaré le ministre espagnol de la Justice Rafael Catala devant des journalistes, avant d'ajouter: "Ce qu'il y a, c'est que c'est un système fiscal différent, une culture juridique différente".

Un paradis fiscal applique en général un taux d'imposition nul aux non résidents et la transparence en matière fiscale y est faible, de même que les échanges d'information avec d'autres pays.

Le 8 avril, la France a annoncé qu'elle replacerait en 2017 le petit pays latino-américain sur la liste des paradis fiscaux dont elle l'avait retiré en 2012 et demanderait à l'OCDE d'en faire autant.

Paris réagissait ainsi à la publication, le 3 avril, de l'enquête "Panama Papers" sur des dizaines de personnalités internationales ayant ouvert des comptes dans des paradis fiscaux à travers un cabinet d'avocat panaméen.

Le quotidien El Mundo (centre-droite) assure lui que Madrid, en retirant le Panama de sa liste noire, "a cédé au chantage des autorités panaméennes pour que les entreprises du BTP espagnoles puissent accéder à un contrat de plus de deux milliards d'euros pour l'élargissement du canal du Panama".

Le consortium en charge des travaux est mené par l'Espagnol Sacyr. Le budget global initial du contrat d'élargissement du canal, par où passe 5% du commerce mondial, dépasse les cinq milliards d'euros.

El Mundo souligne que la convention de coopération policière liant les deux pays n'évoque pas, sur sa liste de délits à poursuivre "particulièrement", les délits de nature économique comme le blanchiment.

Ce délit est bien inclus dans de récentes conventions consultées par l'AFP signées avec le Niger, le Sénégal ou encore les Etats-Unis.

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