NOUVELLES
11/04/2016 11:25 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Nucléaire: Le Luxembourg prêt à cofinancer la fermeture de la centrale française de Cattenom

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a déclaré lundi que le "plus grand souhait" du Grand Duché était que la France "ferme" la centrale nucléaire de Cattenom, se disant prêt pour cela à "s'engager financièrement".

Lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre français Manuel Valls, M. Bettel a évoqué la question de cette centrale nucléaire située en Lorraine (nord-est) et qui selon lui, en cas de problème, "rayerait le Grand Duché de la carte".

"Le site de Cattenom est un site qui nous fait peur, ça ne sert à rien de le cacher. Je l'ai dit franchement au collègue français", a-t-il déclaré avant de repartir dîner avec M. Valls, en visite au Luxembourg pour l'après-midi.

"Notre plus grand souhait serait que Cattenom ferme", a-t-il insisté.

Il a assuré avoir "signalé" à son homologue français que le Luxembourg était "conscient des emplois" en danger si la centrale fermait. Le petit pays "serait prêt à s'engager financièrement dans un projet qui doit être transfrontalier - pourquoi pas aussi avec la Sarre ou la Rhénanie Palatinat - de faire un projet à Catenom qui soit différent de celui du nucléaire".

Observant néanmoins que le choix de la France en terme de fermeture de centrales nucléaires était "souverain", il a précisé que ça pouvait "inciter" les autorités françaises de "savoir que le voisin luxembourgeois sera prêt à mettre la main à la pâte pour aider un tel projet".

"Le message est passé", a répondu Manuel Valls, en rappelant l'engagement de la France de "réduire la part du nucléaire dans la production électrique d'ici à l'horizon 2023 de 75 à 50%".

A l'heure actuelle, c'est surtout la question de la fermeture de Fessenheim, située près de la frontière franco-allemande, qui est en débat en France. Dimanche, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal a annoncé être en train de travailler à la "mutation du site" avec l'Allemagne.

"Ce que les Allemands ont proposé, c'est de travailler sur la valorisation du territoire pour installer une usine Tesla ou une usine de construction de la troisième génération de batteries", a-t-elle indiqué.

lum/lpt