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11/04/2016 02:42 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

NBA - Kobe Bryant, l'obsession de la victoire

Ses idoles étaient Magic Johnson et Michael Jordan et il les a rejoints dans la légende. En vingt saisons sous le maillot des Lakers, Kobe Bryant n'a eu qu'une obsession: gagner, ce que n'ont pas toujours compris ses coéquipiers, ses entraîneurs et le public pour qui il fut, et restera, une énigme.

C'est une mégastar du sport mondial qui va prendre sa retraite, à 37 ans. Pourtant, lorsqu'il fera ses adieux au Staples Center mercredi après un ultime match contre Utah, Bryant se souviendra sans doute qu'enfant, il se croyait "la honte de sa famille".

Comme beaucoup de "fils de", il a souffert de la comparaison avec son père, Joe Bryant, qui lui a donné ce prénom insolite, en le choisissant, selon la légende, sur le menu d'un restaurant japonais, et qui a joué huit saisons en NBA entre 1975 et 1983, avant de gagner sa vie dans le Championnat italien.

De ses huit années en Italie, Bryant junior a gardé un amour immodéré pour le football, une solide maîtrise de l'italien, ainsi que des bases techniques et des fondamentaux tactiques, rares chez les joueurs américains, qui le mèneront au plus haut.

Mais à son retour aux Etats-Unis, en 1992, l'adolescent filiforme, affublé du maillot de son idole Magic Johnson, peine à jouer même quelques minutes par match dans l'équipe du lycée de Lower Merion, à Philadelphie.

Après quatre années de travail acharné, il est la star de son lycée. Plutôt que de rejoindre l'une des prestigieuses universités qui le courtisent, il saute directement le pas de la NBA: à la Draft 1996, il est choisi en 13e position à 17 ans par Charlotte qui, pour son plus grand malheur, le cède aussitôt aux Lakers.

- Bourreau de travail -

La NBA et la planète basket sont en pleine "Jordan-mania": la star des Chicago Bulls a depuis quelques années remplacé Magic Johnson dans le Panthéon personnel de Bryant.

Il décortique ses matches, adopte ses mimiques et s'inspire de son jeu aérien et physique.

"Son obsession pour Michael était manifeste", a reconnu Phil Jackson, l'entraîneur qui a remporté six titres NBA avec Jordan à Chicago, puis cinq avec Bryant à la tête des Lakers.

Pendant que Jordan vit les dernières années de son règne, Bryant commence à se faire un nom et se présente, par son style spectaculaire, son aplomb, voire son insolence, comme son successeur naturel.

Jackson a organisé en 1999 une rencontre entre les deux joueurs en espérant que Bryant, feu follet parfois incontrôlable, s'inspire de la sagesse et de l'altruisme de Jordan, désormais retraité. "La première chose qu'il lui a dite, c'est +Si on fait un un-contre-un, je te botte les fesses+", a rappelé, encore interdit, Jackson dans son autobiographie.

L'ère Kobe Bryant est sur le point de commencer: associé à Shaquille O'Neal, il domine la NBA pendant trois saisons consécutives, de 2000 à 2002.

Bryant est un bourreau de travail sans équivalent: longues séances de shoots, jusque tard le soir, après les entraînements officiels, analyse des écrits d'entraîneurs américains et européens, et séances de préparation physique à rallonge.

- 'Cher basket' -

On le dit monomaniaque, ce qui lui vaut de se brouiller avec certains coéquipiers dont O'Neal qui préfère partir en 2004 à Miami.

En 2003, celui qui est surnommé "le Black Mamba" en raison de son sang froid, vit la période la plus sombre de sa carrière, qui écornera son image à jamais: il est accusé de viol par une employée d'une luxueux complexe hôtelier d'Edwards (Colorado) où il séjournait, en convalescence, après une arthroscopie d'un genou. Devant la justice, il reconnaît avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme de 19 ans qui était, selon lui, consentante. Le procès est finalement annulé après le refus de témoigner de sa victime avec qui il a trouvé un accord loin des tribunaux.

Devenu le joueur de basket le plus connu et le mieux payé de la planète, Bryant écrit sa légende avec ses 81 points marqués en 2006 contre Toronto, ses cinq titres NBA, ses deux sacres olympiques, ses 18 participations au All Star Game, plus de 33.000 points marqués et une flopée de record.

Mais sa fin de règne est douloureuse, avec des blessures graves à répétition, des Lakers en pleine déroute et des statistiques personnelles en berne.

Jusqu'au 29 novembre 2015 où dans un poème adressé à son "cher basket", il reconnaît que "(son) corps sait que l'heure de dire au revoir est arrivée": "Je t'ai tout donné parce que c'est ce qu'on fait quand quelqu'un te fait sentir aussi vivant".

jr/pr/jcp