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11/04/2016 11:33 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Le Liban pourrait déposer des accusations contre une mère australienne

BEYROUTH — Un procureur libanais a prolongé lundi la détention d'une Australienne qui est soupçonnée d'avoir tenté de kidnapper ses deux enfants qui se trouvent avec leur père à Beyrouth.

Quatre autres Australiens, deux Britanniques et deux Libanais sont accusés conjointement avec Sally Faulkner qui s'était rendue à Beyrouth avec une équipe de télévision.

Ils ont été placés en détention jeudi dernier après qu'ils eurent tenté sans succès de ravir, mercredi matin, la fille de cinq ans et le garçon de trois ans de Mme Faulkner. Ceux-ci se rendaient à l'école en compagnie de leur grand-mère paternelle lorsque l'opération a échoué.

Mme Faulkner accuse son ex-mari, Ali Al-Amin, d'avoir amené ses enfants de l'Australie au Liban sans son consentement en 2015.

Parmi les accusés détenus se trouvent la journaliste australienne Tara Brown et son équipe de Channel Nine TV. Un journaliste de la station télé a révélé en entrevue que l'équipe se trouvait à Beyrouth pour enquêter sur le kidnapping pour l'émission «60 Minutes».

Michael Brown a souligné qu'il s'agissait «d'une opération risquée, d'une histoire risquée — cette mère australienne désespérée qui tente de ramener ses deux enfants à la maison», mais il a ajouté que l'équipe était préparée à affronter des difficultés.

Dès mardi, les témoignages des suspects devraient être recueillis. Selon une source près du dossier, la cour va enquêter afin de savoir si Mme Faulkner détient la garde de ses enfants en vertu des lois australiennes, ce qui pourrait être perçu comme un facteur atténuant.

La grand-mère Ibtisam Berri a expliqué qu'elle conduisait les enfants à l'école avec une aide domestique, mercredi matin, lorsque deux hommes sont sortis d'une voiture pour s'emparer des enfants. Elle a affirmé qu'un caméraman filmait la scène depuis l'intérieur de la voiture.

Au moins un des Britanniques qui est incarcéré est soupçonné d'avoir planifié de conduire les enfants sur son bateau, amarré sur le quai d'un hôtel de Beyrouth, pour les faire sortir du pays, ont révélé les policiers.

Les autorités ont rendu les enfants à leur père, qui a déclaré à une station de télévision locale qu'il ne porterait pas plainte contre son ex-femme. «Elle est la mère de mes enfants... si j'étais à sa place j'aurais fait la même chose», a-t-il dit.

Ali Al-Amin nie avoir kidnappé ses enfants et soutient que Sally Faulkner et les agences de sécurité australiennes savaient qu'il allait quitter l'Australie.

Le Liban ne fait pas partie de la Convention de La Haye, qui prévoit des recours judiciaires aux parents qui affirment que leur enfant a été kidnappé et conduit dans un des pays signataires.