NOUVELLES
11/04/2016 01:27 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

L'ONU mise sur la trêve au Yémen pour relancer le processus politique

L'ONU mise sur la consolidation de la trêve entrée en vigueur lundi au Yémen pour accélérer la recherche d'une solution politique à un conflit qui déstabilise la région avec en toile de fond la rivalité entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Appliqué depuis minuit (21H00 GMT), le cessez-le-feu était globalement respecté lundi malgré des violations "commises par les rebelles chiites", a assuré à l'AFP le général Mohamed Ali al-Makdashi, chef d'état-major des forces loyales au président Abd Rabb Mansour Hadi, soutenu par une coalition arabo-sunnite.

Ces violations sont "mineures", a précisé le porte-parole de la coalition sous commandement saoudien, Ahmed Assiri. "C'est le premier jour et nous devons faire preuve de patience", a-t-il ajouté à l'AFP.

Les rebelles, tout comme les forces gouvernementales et la coalition menée par Ryad, ont annoncé clairement qu'ils acceptaient le cessez-le-feu et s'engageaient à le respecter.

La capitale yéménite Sanaa, aux mains des rebelles Houthis pro-Iraniens, n'a ainsi pas été prise pour cible depuis dimanche par de nouveaux raids aériens de la coalition, selon un photographe de l'AFP.

La cessation des combats intervient alors que la communauté internationale s'inquiète du coût humain d'un conflit ayant fait 6.300 morts en un an, pour moitié des civils, et 30.000 blessés, tandis que 2,4 millions de Yéménites ont été déplacés et 80% de la population a besoin d'une assistance humanitaire, selon l'ONU.

Elle se préoccupe aussi de l'influence grandissante des organisations jihadistes, comme Al-Qaïda et le groupe Etat islamique (EI) dans le pays le plus pauvre de la Péninsule arabique.

Le Yémen est en proie au chaos depuis la montée en puissance des Houthis, des rebelles issus de l'importante minorité chiite zaïdite, concentrée essentiellement dans le nord du Yémen.

Alliés à des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, ils ont fait leur entrée dans la capitale Sanaa en septembre 2014. Six mois plus tard, l'Arabie saoudite voisine intervenait à la tête d'une coalition militaire arabe pour soutenir le président Hadi face au camp rebelle accusé de liens avec l'Iran.

- Trêve 'essentielle' -

Le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a salué la cessation des hostilités et exhorté les belligérants et la communauté internationale à "rester déterminés à la soutenir".

Cette trêve "est essentielle, urgente et indispensable", a-t-il dit, car "le Yémen ne peut pas se permettre de perdre davantage de vies".

Le diplomate a qualifié la trêve de "premier pas vers le retour de la paix au Yémen", alors que l'ONU s'apprête à organiser le 18 avril à Koweït de nouveaux pourparlers de paix entre le gouvernement et l'alliance Houthis-Saleh.

"Les deux camps se sont engagés à respecter les termes et les conditions de la cessation des hostilités que j'ai présentés", a souligné le diplomate onusien, en rappelant que la trêve devait permettre d'assurer un libre accès humanitaire aux civils.

"Il reste encore beaucoup de travail pour garantir le plein respect de la cessation des hostilités et la reprise des discussions de paix au Koweït", a-t-il reconnu. Il faudra pour cela "des compromis difficiles de la part de toutes les parties, du courage et de la détermination".

L'ONU prévoit de négocier un accord de partage du pouvoir au Yémen.

Mais le président Hadi insiste sur la mise en application de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui somme les Houthis de se retirer des zones conquises et de restituer les armes lourdes pillées à l'armée.

La nouvelle trêve fait suite à trois autres cessez-le-feu en 2015 qui ont rapidement volé en éclats. Des experts estiment toutefois qu'elle a plus de chances de tenir cette fois, l'ONU ayant bien préparé le terrain et ayant prévu des commissions mixtes pour la faire appliquer.

A Taëz, grande ville du sud-ouest en partie assiégée par les Houthis, les loyalistes ont fait état de douze violations de la trêve, mais assuré que leur riposte se limitait "à l'autodéfense".

La coalition arabe a averti que sa patience n'était pas sans limite et que la trêve pourrait prendre fin si les négociations à Koweït n'aboutissaient pas.

faw-mou/mh/ras/jri