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11/04/2016 06:15 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Hongrie: Orban capitule dans la bataille des commerces fermés le dimanche

Le gouvernement hongrois de Viktor Orban a opéré lundi un revirement inattendu en décidant d'abroger une loi imposant depuis un an la fermeture des commerces le dimanche, disposition contestée par une majorité de la population et devenue cheval de bataille de l'opposition socialiste.

"Le gouvernement propose que le parlement annule la loi et remette en place le système initial", qui jusqu'en mars 2015 permettait aux commerces d'ouvrir le dimanche, a annoncé Antal Rogan, chef de cabinet du Premier ministre conservateur Viktor Orban lors d'une conférence de presse.

L'abrogation pourrait être soumise au parlement dès mardi et les commerces rouvrir leurs portes dès dimanche.

Le gouvernement de Viktor Orban n'a pas pour habitude de plier sous la pression de l'opinion. Il avait reculé en 2014 face aux protestations suscitées par son projet de taxer l'usage d'internet. Il est confronté depuis plusieurs mois à une forte fronde, accompagnée de manifestations régulières, du monde de l'éducation.

En décembre 2014, les députés hongrois avaient imposé la fermeture aux commerces hongrois de plus de 400 mètres carrés.

La loi avait été proposée par le parti chrétien-démocrate, un petit allié du parti Fidesz au pouvoir désireux que le dimanche reste consacré à "la famille".

Certains avaient interprété cette loi comme une volonté du gouvernement de porter atteinte aux intérêts des grands groupes étrangers de distribution, qui avaient protesté contre la mesure.

Mais outre l'opposition du patronat, la loi avait rencontré l'hostilité d'une partie des Hongrois: un récent sondage indiquait qu'ils étaient 60% à y être défavorables. Le parti socialiste, dans l'opposition, avait fait du retrait de cette loi un cheval de bataille au nom du droit des salariés.

Le gouvernement hongrois a admis lundi que la fermeture des magasins avait "divisé la société" tout en contestant qu'elle ait eu un impact négatif sur le secteur de la distribution et l'emploi.

La semaine dernière, la plus haute juridiction hongroise, la Kuria, avait donné son feu vert au parti socialiste pour lancer la collecte des 200.000 signatures nécessaires à l'organisation d'un référendum d'initiative populaire sur cette question.

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