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11/04/2016 02:45 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Espagne: interpellation de l'ex-banquier Mario Conde pour rapatriement de fonds détournés

L'ex-banquier espagnol Mario Conde, qui avait été condamné à la prison en lien avec la faillite frauduleuse de la banque Banesto, a été interpellé lundi à Madrid, soupçonné d'avoir rapatrié des fonds détournés, ont annoncé des sources judiciaires.

Mario Conde est souçonné d'avoir fait rapatrier en Espagne des sommes dissimulées en Suisse, provenant de détournements de fonds pour lesquels il avait été condamné, qui atteindraient aujourd'hui les 13 millions d'euros, selon une source judiciaire.

L'ex-golden boy de 67 ans, présenté comme un symbole de la réussite de l'Espagne des années 1980, avait été définitivement condamné en 2002 à 20 années d'emprisonnement pour des détournements de fonds dans le cadre de la faillite frauduleuse de Banesto en 1993.

Depuis 1994, entre détention provisoire et condamnations, il a passé près de 15 années en détention, lui qui assurait avoir été victime d'une cabale politique jusqu'à sa libération conditionnelle en 2010. Il a depuis modéré cette position et évoqué avec distance la "gloire éphémère" qui l'entourait alors.

Lundi, il a été interpellé avec sept autres personnes - dont sa fille Alejandra - dans le cadre d'une opération menée par la garde civile, assortie de perquisitions, selon des sources judiciaires.

Les fonds auraient été ramenés en Espagne par le biais d'un montage de sociétés aux noms de tiers et ce rapatriement aurait été maquillé en prêts et investissements.

Son interpellation entre dans le cadre d'une instruction judiciaire menée à l'Audience nationale, haut tribunal spécialisé dans les grandes affaires financières, le visant pour "blanchiment" et "fraude fiscale".

Mario Conde - silhouette élégante et cheveux toujours soigneusement gominés - avait présidé Banesto de 1987 à 1993 avant sa mise sous tutelle en décembre 1993 par la Banque d'Espagne, après la découverte d'un trou de 605 milliards de pesetas (3,64 milliards d'euros), dû en grande partie à des détournements de fonds colossaux.

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