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11/04/2016 17:00 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Brésil: un comité du Congrès vote pour la destitution de Dilma Rousseff

RIO DE JANEIRO — Un comité du Congrès brésilien a voté pour poursuivre le processus de destitution à l'égard de la présidente Dilma Rousseff, sur qui la pression s'accentue de plus en plus.

Mme Rousseff risque la destitution puisqu'elle est soupçonnée d'avoir manipulé les comptes budgétaires pour permettre à son administration de gonfler les dépenses. Ses détracteurs estiment que les procédures respectent le souhait de la majorité des Brésiliens, tandis que ses partisans croient qu'il s'agit d'une tentative flagrante de prise de pouvoir par l'opposition.

La commission spéciale du Congrès a voté à 38 contre 27 en faveur de la poursuite du processus, sur lequel la Chambre des députés sera appelée à se prononcer. Le résultat du vote a surpassé les 33 voix nécessaires pour que la chambre se saisisse de cette question.

La séance du comité aura duré toute la journée et elle a été marquée par un concours de cris entre les deux factions avant le vote qui a eu lieu en soirée. Les politiciens en faveur de la destitution avaient orné leurs bureaux de pancartes où l'on pouvait lire: «destitution maintenant» tandis que les sympathisants de la présidente scandaient à répétition le mot «coup (d'État)».

Ce résultat était attendu et il était largement symbolique puisque peu importe l'issue du vote, le sujet se serait rendu malgré tout à la chambre basse, qui dira plus tard cette semaine si elle souhaite remettre le dossier au Sénat.

Pour que la question se rende au Sénat, il faudrait l'appui de 342 des 513 membres de la Chambre des députés. Les analystes disent que le résultat est trop difficile à prédire.

Si la mesure est adoptée à la chambre basse, le Sénat sera appelé à déterminer si l'ouverture d'un procès est nécessaire. Dans un tel cas, la présidente sera suspendue de ses fonctions pendant 180 jours pour le procès.

Dans le cadre d'un nouveau rebondissement de l'histoire, le journal «Folha de S.Paulo» a publié lundi un enregistrement audio du vice-président Michel Temer, qui prendrait le pouvoir si Mme Rousseff était suspendue. Sur la bande audio qui aurait été envoyée aux membres du Parti mouvement démocratique, on entend M. Temer parler comme s'il avait déjà été désigné président.

Un allié de la présidente Rousseff, Ricardo Berzoini, a affirmé que cela démontrait les penchants «putschistes» du vice-président.