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11/04/2016 17:10 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Brésil: Lula fustige les "putschistes" qui veulent renverser Dilma Rousseff

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) a fustigé lundi soir à Rio de Janeiro les "putschistes en train d'essayer de renverser une présidente démocratiquement élue", son héritière politique Dilma Rousseff.

"J'avais 18 ans quand il y a eu le coup d'Etat militaire, il a fallu attendre 23 ans pour récupérer la démocratie", a-t-il lancé devant quelques milliers de partisans sous les fameuses arches du quartier festif de Lapa, peut après le vote d'une commission parlementaire préconisant la destitution de Mme Rousseff.

"Je n'aurais jamais imaginé que ma génération verrait des putschistes en train d'essayer de renverser une présidente démocratiquement élue", a-t-il poursuivi, après avoir désigné nommément le vice-président Michel Temer et le président de la Chambre des députés Eduardo Cunha.

"Ces putschistes devraient se rappeler que j'ai perdu plusieurs élections depuis 1989 et que je ne me suis jamais plaint. Maintenant, il a suffi qu'on gagne de 2002 à 2014 pour que l'élite brésilienne montre son vrai visage".

"Ca fait un an et quatre mois qu'on ne donne aucune trêve à la présidente Rousseff, qu'on ne la laisse pas gouverner", a-t-il dénoncé. "Je leur dis: +apprenez avec Lula+, sachez attendre!"

Si l'assemblée plénière des députés valide la recommandation par un vote des deux tiers (342 sur 513), attendu dimanche ou lundi prochains, la procédure de destitution se poursuivra devant le Sénat qui aura le dernier mot.

L'ex-président Lula s'est exprimé lors d'un rassemblement convoqué par des personnalités de la culture, notamment le célèbre chanteur et écrivain Chico Buarque, afin de s'élever contre un "coup d'Etat de velours".

Soupçonné de corruption dans le cadre du scandale Petrobras, Lula avait été appelé mi-mars au gouvernement comme chef de cabinet (quasi-Premier ministre) mais sa nomination avait été suspendue par la justice en attendant une décision finale du Tribunal suprême fédéral (TSF) le 20 avril.

Jeudi dernier, le procureur général Rodrigo Janot a recommandé au STF d'annuler l'entrée de Lula au gouvernement, estimant qu'il s'agissait d'un subterfuge pour le faire échapper à la justice ordinaire.

Lula conserve l'espoir d'entrer au gouvernement, dont il deviendrait l'homme fort, en vue d'une possible candidature à la présidentielle de 2018.

Selon un sondage publié ce weekend par l'institut Datafolha, il arriverait en tête du premier tour d'une élection présidentielle avec 21% des suffrages, suivi de près par d'autres candidats.

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