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11/04/2016 05:52 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

Athènes et Lisbonne font cause commune contre l'austérité et sur la crise migratoire

Les Premier ministre grec et portugais, Alexis Tsipras et Antonio Costa, ont signé lundi une "déclaration commune" pour sceller une coopération renforcée au sein de l'UE contre l'austérité et face à la crise migratoire.

Le texte, signé lors d'une visite officielle du dirigeant portugais à Athènes, met en avant la "détermination" des deux pays "à renforcer leur coopération" face aux "défis" auxquels l'Union européenne est confrontée.

Au chapitre économique, le socialiste Costa et le dirigeant de gauche Tsipras "partagent la conviction que les politiques du tout austérité sont erronées" et désastreuses socialement, selon cette déckaration.

"Les programmes d'ajustement ne peuvent résoudre tous les problèmes. C'est comme augmenter la dose de cachets à un malade pour faire baisser la fièvre. La fièvre baisse mais la maladie est toujours là", a abondé M. Costa devant la presse. "L'Europe de la droite néolibérale voulait imposer un modèle unique et sans alternative. La Grèce et le Portugal prouvent que d'autres chemins démocratiques sont possibles", a-t-il ajouté.

"Le problème n'est pas que les règles ne sont pas appliquées, mais qu'elles sont inefficaces, donc il faut les corriger", a renchéri M. Tsipras, appelé par les créanciers du pays à accepter de douloureuses réformes et mesures d'économie pour maintenir son pays sous perfusion financière.

En matière de crise migratoire, les deux pays appellent à une gestion "solidaire et sur la base des valeurs européennes" de l'afflux de migrants et réfugiés. Ils dénoncent la "construction de clôtures" et "l'absence de volonté" de certains États membres de participer aux plans européens de répartition de réfugiés dans l'UE.

Les deux pays "vont renforcer leurs efforts communs pour réformer le processus de Dublin afin que les flux de réfugiés soient répartis de manière équitable dans l'UE", ajoute leur texte.

M. Tsipras a par ailleurs indiqué discuter avec M. Costa de la réinstallation "immédiate" au Portugal "d'un grand nombre de réfugiés" piégés en Grèce, suite à la décision de Lisbonne d'accueillir - sous toutefois des conditions de qualifications - jusqu'à 5.800 réfugiés en plus du contingent de 4.500 que lui a alloué l'Union européenne.

cb/mct