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11/04/2016 05:19 EDT | Actualisé 12/04/2017 01:12 EDT

45.000 manifestants en Allemagne pour soutenir la sidérurgie

Environ 45.000 salariés allemands de la sidérurgie ont manifesté lundi à l'appel du syndicat IG Metall pour dire leurs inquiétudes quant à leur avenir, dans un secteur soumis à la concurrence féroce des acteurs chinois.

Organisée par le syndicat de l'industrie IG Metall, cette journée d'action baptisée "l'acier c'est l'avenir" a réuni plusieurs responsables syndicaux et politiques, dont le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel, à Duisbourg, ville industrielle de la Ruhr qui abrite plusieurs hauts fourneaux, notamment ceux du numéro un allemand de l'acier Thyssenkrupp.

Quelque 16.000 salariés de différentes entreprises du secteur se sont retrouvés devant une usine de Thyssenkrupp, selon le syndicat, qui a recensé 45.000 participants aux manifestations dans tout le pays.

Celles-ci ont également eu lieu en Sarre, Etat-région frontalier de la France, en Basse-Saxe, qui abrite le numéro deux allemand de la branche Salzgitter, et à Berlin devant la chancellerie. Pour celle-ci 2.500 personnes sont venues de tout le pays.

"Il faut combattre les importations à bas prix en provenance de Chine et empêcher le renchérissement des certificats de CO2", plaide le syndicat.

"L'objectif doit être : conserver les emplois, protéger l'environnement, au moyen d'acier propre produit en Allemagne et en Europe", a déclaré à Duisbourg le chef du comité d'entreprise de Thyssenkrupp Steel Europe, Günter Back, tandis que le secrétaire général d'IG Metall Jörg Hofmann a réclamé "un positionnement clair du gouvernement allemand à Bruxelles".

Comme leurs pairs européens, les aciéristes allemands, qui emploient quelque 87.000 personnes dans le pays, sont victimes de la concurrence à bas coût en provenance de Chine et de surcapacités. Ils s'insurgent également contre une réforme proposée par Bruxelles du système de négoce de certificats d'émissions de CO2 qui pénaliserait plus qu'à l'heure actuelle les industries polluantes.

La mise en vente lancée lundi l'indien Tata Steel de ses sites britanniques a lancé une vague de spéculations sur une recomposition du secteur en Europe, qui affecterait certainement d'une manière ou d'une autre les acteurs allemands.

bur-mtr/mct