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Des parents réclament 50 millions à une école pour un cas d'intimidation (VIDÉO)

Une famille ontarienne poursuit le directeur d'une école élémentaire et le conseil scolaire francophone Viamonde pour plus de 50 millions de dollars relativement un cas d'intimidation qui aurait entraîné de graves dommages psychologiques à une ancienne élève.

Un reportage d'Annie Poulin et de Laurence Martin

La présumée victime, qu'on ne veut pas nommer pour protéger son identité, a aujourd'hui 10 ans. Elle a fréquenté l'École publique Saint-Joseph de Penetanguishene de 2010 à 2014, jusqu'à ce que ses parents la retirent de l'établissement.

Selon ses parents, ce serait deux élèves qui l'auraient harcelée : une élève un peu plus âgée et un garçon.

«Il disait "je vais te tuer", puis il faisait semblant de pointer un revolver sur elle.»

Mère de la fillette

Alors que la fillette avait 8 ans :

  • Elle aurait reçu des menaces de mort à plusieurs reprises.
  • Les persécuteurs auraient menacé d'entrer dans sa chambre la nuit pour l'attaquer.
  • Des menaces de mort sadiques auraient été proférées contre ses animaux en peluche.
  • Ses agresseurs lui auraient répété qu'elle était stupide et lui auraient fait des commentaires dégradants à plusieurs reprises.
  • Ils auraient incité d'autres élèves de l'école à la prendre pour cible.
  • Les agresseurs l'auraient forcée à se mordre elle-même la main.
  • Ils lui auraient agrippé les jambes et tordu le poignet.

À la fin du mois d'octobre 2014, les parents ont décidé de retirer leur fille de l'école parce que, selon eux, elle faisait souvent des crises d'anxiété et les suppliait de ne pas l'envoyer en classe.

Comment vous sentiriez-vous d'amener votre enfant à l'école en sachant qu'il n'y est pas en sécurité? [...] Ma fille me disait : "Maman, je suis morte à l'intérieur."

Mère de la fillette

Un « aveuglement volontaire »

La poursuite allègue que le directeur de l'école et la surintendante de l'éducation ont été « volontairement aveugles aux gestes calculés [par des élèves] pour causer des séquelles physiques, émotionnelles ou mentales ».

Selon les parents, le directeur de l'école a participé à plusieurs rencontres pour écouter leurs inquiétudes. La fillette aurait aussi parlé du problème à la direction et à ses enseignants à de nombreuses reprises.

Ils allèguent que, malgré cela, le directeur et le conseil n'ont pas agi pour que l'intimidation cesse.

Quand elle rapportait un problème à un adulte de l'école, on lui répétait d'aller jouer ailleurs, plus loin dans la cour.

Mère de la fillette

Les parents disent aussi avoir retiré leur enfant de l'école faute d'une garantie que leur fille ne serait pas de nouveau victime.

Le Service de transport Francobus est aussi mentionné dans la poursuite, puisque plusieurs incidents se seraient déroulés alors que l'enfant était à bord de l'autobus scolaire.

Aucune des allégations de la famille n'a été prouvée en cour.

La fillette refuse d'aller à l'école

La fillette souffre aujourd'hui de plusieurs problèmes de santé mentale, selon la poursuite.

D'après ses parents, elle refuse non seulement de remettre les pieds à l'École publique Saint-Joseph, mais aussi dans n'importe quelle autre école. Sa mère lui fournit un enseignement à domicile avec l'aide de tuteurs privés et tente de rattraper le retard qu'elle a pris à l'école.

Selon la poursuite, la fillette a reçu un diagnostic de plusieurs problèmes de santé mentale :

  • Trouble de stress post-traumatique
  • Trouble d'anxiété sociale
  • Anxiété de séparation
  • Dépression

Les parents réclament plus de 50 millions de dollars en dédommagement.

Il s'agit d'un montant très élevé, reconnaît l'avocat de la famille, John Schuman, qui explique cependant que la somme doit compenser les dommages à long terme sur le développement de la fillette et sa perte potentielle de salaire lorsqu'elle entrera sur le marché du travail.

Le conseil scolaire refuse de commenter

Radio-Canada s'est vu refuser une entrevue avec le directeur de l'école ou du conseil.

La directrice des communications du Conseil scolaire Viamonde, Claire Francoeur, a cependant accepté de nous parler.

Elle n'a pas voulu commenter cette affaire en particulier puisqu'elle est devant les tribunaux, mais a assuré que la sécurité des élèves est une priorité du conseil.

On travaille au quotidien à créer des milieux qui sont sécuritaires et qui favorisent le bien-être des élèves et des membres du personnel.

Claire Francoeur, directrice des communications du Conseil scolaire Viamonde

Viamonde a indiqué qu'une politique est en place pour lutter contre l'intimidation dans les écoles.

Le Service de transport Francobus a refusé de commenter l'affaire.

Le conseil scolaire a jusqu'à la fin du mois d'avril pour présenter sa défense en cour et entend nous donner son point de vue à ce moment-là.

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