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"Ne désespérez pas", "Nous vous aimons": la Grèce parle aux migrants coincés au Pirée

"Ne désespérez pas", "Nous vous aimons": c'est en ces termes que le gouvernement grec a décidé de s'adresser aux quelque 5.000 réfugiés et migrants campant au Pirée pour les convaincre de gagner des centres d'accueil en vue de leur répartition en Europe.

Un tract en quatre langues, arabe, farsi, anglais et grec, sera distribué à partir de lundi sur le port, où s'entassent des arrivants bloqués dans le pays par la fermeture de la route des Balkans, a indiqué vendredi le ministère de la marine marchande, signataire du texte avec la police portuaire, en le faisant parvenir à la presse.

Ces personnes, arrivées en Grèce avant l'entrée en vigueur le 20 mars de l'accord UE-Turquie, ne sont pas soumises aux renvois en Turquie, mais censées pouvoir bénéficier des procédures européennes de relocalisation, prévoyant la répartition en Europe sous deux ans de 63.000 réfugiés, surtout Syriens et Irakiens.

Au total, ces exilés sont environ 50.000 dans le pays, dont 5.000 massés au Pirée et 11.000 à Idomeni, à la frontière fermée avec la Macédoine.

L'enjeu pour les autorités grecques est d'arriver à vider le Pirée avant les vacances pascales orthodoxes fin avril, alors que la grogne monte parmi les riverains.

"Dans quelques jours le port sera évacué", prévient le tract.

"N'écoutez pas les trafiquants qui vous promettent de vous transférer dans d'autres pays d'Europe (...) ils vous mentent", mentionne le point 1 du tract, qui enfonce ensuite le clou: "les frontières d'autres pays européens sont désormais bloquées (...) et hélas, il n'y a pas d'espoir qu'elles rouvrent dans un avenir proche".

Les exilés sont donc invités à gagner les centres d'accueil, ouverts à marche forcée à travers le pays, et à s'y porter candidat à la relocalisation ou à l'asile.

"Ne désespérez pas", poursuit le tract, qui reconnaît que "quelques centres d'accueil ne sont pas très bien organisés", mais promet des améliorations.

"Nous vous soutenons, nous vous aimons.." ajoutent ministère et police portuaire, alors que le gouvernement grec de gauche s'est jusque-là refusé à recourir à la force pour évacuer le Pirée et Idomeni.

Le tract prend le risque d'une sincérité de nature à semer le doute auprès des réfugiés et migrants: "dans la mesure où d'autres Etats européens ont fermé leurs frontières, il est vrai que personne ne peut être sûr de la suite exacte des évènements", admet-il.

Il ne fournit pas non plus de précisions sur le sort des non éligibles à la relocalisation en Europe, en particulier Afghans et Iraniens. Ces derniers sont voués à l'expulsion s'ils ne demandent pas l'asile ou s'ils en sont déboutés.

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