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Myanmar: le gouvernement commence à libérer des prisonniers politiques

RANGOON, Myanmar — Le gouvernement du Myanmar a commencé à libérer des prisonniers politiques, vendredi, suivant l'engagement de la nouvelle dirigeante de facto du pays, Aung San Suu Kyi.

Selon les médias locaux, plus de 60 étudiants arrêtés l'année dernière lors d'une manifestation pour des réformes en éducation ont été libérés par un tribunal de Tharrawaddy, dans le centre du pays.

Leur libération faisait partie d'une amnistie générale, qui a également touché d'autres détenus, à quelques jours des festivités traditionnelles du Nouvel An — période pendant laquelle des prisonniers sont souvent relâchés.

Selon des groupes militants pour les droits de la personne, 100 prisonniers politiques étaient toujours derrière les barreaux lorsque le gouvernement appuyé par les militaires a été défait par une victoire écrasante de la Ligue nationale d'Aung San Suu Kyi, le mois dernier.

Quelque 400 autres étaient détenus en attendant leur procès — dont ceux qui ont été libérés à Tharrawaddy.

Différentes procédures sont requises pour relâcher les deux groupes de prisonniers.

«La libération, aujourd'hui, de la plupart des manifestants étudiants est un grand pas en avant pour les droits de la personne au Myanmar et nous sommes ravis que ces hommes et ces femmes puissent être libres. Cela envoie un message fort sur l'intention du nouveau gouvernement de mettre fin au cycle d'arrestations et de détentions politiques au Myanmar», a déclaré Laura Haigh, chercheuse chez Amnistie internationale.

À Washington, le porte-parole du département d'État, Mark Toner, a salué le geste du gouvernement, qui démontre son «engagement envers les droits de la personne». M. Toner n'a toutefois pas annoncé la levée des sanctions imposées par les États-Unis, qui visent principalement des représentants de la junte militaire qui dirigeait auparavant le pays.

L'ancien gouvernement élu en 2011 avait libéré plus de 1100 prisonniers politiques. La junte militaire avait jeté en prison des milliers de dissidents et des sympathisants d'Aung San Suu Kyi, qui avait elle-même été assignée à résidence pendant plusieurs années.

Mme Suu Kyi, une lauréate du prix Nobel de la paix qui incarne le mouvement prodémocratie birman, est la véritable chef du gouvernement et du pays, même si la Constitution lui interdit d'accéder à la présidence puisque ses deux fils détiennent la citoyenneté britannique. Elle occupe les fonctions de conseillère spéciale de l'État — l'équivalent d'un premier ministre — et de ministre des Affaires étrangères.

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