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Espagne: une querelle s'envenime entre le parti Podemos et les socialistes

MADRID — En Espagne, la tension a monté d'un cran, vendredi, entre le parti d'extrême gauche Podemos et les socialistes sur la formation d'un nouveau gouvernement, ouvrant la porte à un nouveau scrutin moins de six mois après les élections du 20 décembre. Si aucun gouvernement n'est constitué d'ici le 2 mai, des élections devront avoir lieu le 26 juin.

Le chef du parti Podemos, Pablo Iglesias, a dit aux journalistes que les membres détermineraient la semaine prochaine s'ils appuieront ou non une entente entre les socialistes et le parti de centre, le Ciudadanos, pour former le gouvernement après presque quatre mois d'impasse.

Il a laissé entendre qu'il s'opposait à la coalition, affirmant qu'il se sentait «trahi» un jour après avoir rencontré les négociateurs du Parti socialiste et du Ciudadanos — qui seraient prêts à diriger le pays, mais qui n'ont pas la majorité parlementaire requise sans l'appui du Podemos. M. Iglesias a indiqué que les propositions faites par son parti avaient été «reçues avec inflexibilité» de la part de ses vis à vis.

Ces déclarations ont amené le porte-parole des socialistes, Antonio Hernando, à accuser le chef du Podemos de saper toute possibilité d'entente et de trahir les électeurs qui souhaiteraient un accord.

Les Espagnols, exaspérés par le taux de chômage élevé, la corruption et le régime d'austérité, ont mis fin au traditionnel bipartisme aux élections du 20 décembre dernier.

Le Parti populaire a terminé premier, mais il a perdu la majorité parlementaire qu'il avait acquise en 2011. Les socialistes ont fini deuxième, devant les nouveaux partis Podemos et Ciudadanos, qui ont pris la troisième et la quatrième place respectivement.

Le premier ministre intérimaire, Mariano Rajoy — le chef du Parti populaire — a décidé en janvier de ne pas tenter de former un gouvernement puisqu'il ne disposait pas des appuis nécessaires. Le roi Philippe VI a donc demandé au chef socialiste, Pedro Sanchez, de tenter sa chance.

Les socialistes et le parti Ciudadanos pourraient former un gouvernement avec les votes du parti Podemos — ou leur abstention — dans la chambre de 350 députés.

L'un des enjeux qui menace l'entente est l'engagement du Podemos à permettre à la région de la Catalogne de tenir un référendum sur son indépendance. Les deux autres partis s'y opposent farouchement.

«Les chances d'un accord de dernière minute sont minces», a suggéré Antonio Barroso, analyste au groupe Eurasia, une firme de consultants spécialisée dans le risque politique.

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