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Deux morts au Nagorny-Karabakh, cessez-le-feu fragilisé

Deux soldats arméniens ont été tués vendredi dans des affrontements avec les forces azerbaïdjanaises dans la région contestée du Nagorny-Karabakh, où un cessez-le-feu conclu mardi restait globalement respecté après plusieurs jours de violences meurtrières ayant fait au moins 90 morts.

"L'Azerbaïdjan a violé le cessez-le-feu dans la nuit (...) en utilisant des mortiers" contre les positions des séparatistes, selon un communiqué du ministère de la Défense du Nagorny-Karabakh, région soutenue par l'Arménie.

"Un soldat (arménien) a été tué dans le nord (de la ligne de front) près de Talych, un autre a été mortellement blessé dans la partie nord-est", selon le communiqué.

"Les villages arméniens de Karmir, Ttoudjour et Baganis ont subi des tirs de l'armée azerbaïdjanaise", a pour sa part affirmé un porte-parole du ministère arménien de la Défense, Artsroun Hovhannissian.

"L'armée azerbaïdjanaise a répondu à des tirs d'artillerie de la part des forces arméniennes. Des cibles civiles (en Azerbaïdjan) ont aussi été bombardées", a rétorqué un porte-parole azerbaïdjanais, Vagif Dargahly.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a plus tard annoncé que les deux camps était tombés d'accord pour "restaurer le régime de cessez-le-feu" et que les corps des deux soldats tués avaient été récupérés avec l'aide de l'OSCE et de la Croix Rouge.

Au moins 90 personnes, civils et militaires dans les deux camps, ont été tuées depuis la reprise des hostilités au Nagorny-Karabakh dans la nuit de vendredi à samedi, selon le comptage de l'AFP basé sur les bilans officiels annoncés par les belligérants. Un précédent bilan faisait état de 77 personnes tuées.

Il s'agit des pires violences depuis le cessez-le-feu conclu en 1994, après une guerre ayant fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azerbaïdjanais.

Sur le front diplomatique, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev s'est entretenu vendredi avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, après une rencontre avec le chef d'Etat arménien Serge Sarkissian jeudi.

"La situation est difficile", a résumé M. Medvedev, ajoutant qu'il espérait une "paix durable" et que les deux belligérants "seraient capables de poursuivre les pourparlers en vue d'une résolution du conflit à la table des négociations".

M. Aliev a pour sa part salué les efforts de médiation de la Russie en vue de la signature d'un cessez-le-feu, qui a eu lieu mardi à Moscou. "Il n'est pas toujours respecté mais nous avons globalement vu une désescalade ces derniers jours et nous estimons qu'il y a une dynamique positive", a-t-il affirmé.

Si le cessez-le-feu reste globalement respecté, les interrogations demeurent concernant les territoires conquis par les armées de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan pendant les quatre jours d'affrontements.

Les troupes azerbaïdjanaises assurent avoir pris plusieurs hauteurs stratégiques, où elles sont actuellement en train de "consolider" leurs positions, modifiant pour la première fois la ligne de démarcation depuis la fin de la guerre.

Erevan assure pour sa part ne pas avoir perdu de terrain dans cette région, majoritairement peuplée d'Arméniens mais reconnue comme appartenant à l'Azerbaïdjan par la communauté internationale.

Un journaliste de l'AFP présent mercredi sur la colline de Lala-Tepe a toutefois pu constater que cette position était bien passée sous le contrôle des forces azerbaïdjanaises.

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