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Québec veut que les deux tiers de l'énergie consommée soient renouvelables d'ici 15 ans

D'ici 15 ans, le gouvernement du Québec entend réduire de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés et augmenter de 25 % la production totale d'énergie renouvelable. Ces cibles font partie de la nouvelle politique énergétique de la province présentée jeudi.

Il annonce 4 milliards de dollars sur 15 ans pour réaliser ce qu'il qualifie de « transition énergétique ». Le gouvernement n'a pas pu dire quelle partie de cette somme était de l'argent neuf.

Aujourd'hui, un peu moins de la moitié de l'énergie consommée au Québec - en incluant le transport - est renouvelable. Québec veut que cette proportion représente 61 % - environ les deux tiers - de toute l'énergie consommée au Québec, d'ici 2030. « On fait déjà beaucoup mieux que d'autres pays de la planète, a souligné Philippe Couillard lors de la présentation de la police. Certains pays d'Europe espèrent atteindre 20 %. »

Les deux mots clés de cette nouvelle politique baptisée « L'énergie des Québécois, source de croissance » sont « énergie renouvelable », mais aussi « efficacité énergétique ». Parce qu'à court terme, le Québec n'a pas besoin d'augmenter sa capacité énergétique. La province produit déjà plus de 3 % d'énergie en trop, par rapport à la consommation. « Il faudra que ça baisse pour qu'on entrevoie de nouveaux projets », a confirmé le premier ministre Couillard, en marge de la présentation de la nouvelle politique.

Parmi ses cinq cibles, Québec prévoit améliorer de 15 % l'efficacité avec laquelle l'énergie est utilisée.

Ainsi, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a annoncé la création d'un guichet unique pour l'économie d'énergie. Une façon de centraliser les services et programmes offerts aux particuliers, aux entreprises et aux institutions, a-t-il expliqué.

Le gouvernement veut aussi éliminer l'utilisation du charbon thermique et augmenter de 50 % la production de bioénergie.

Pas plus cher pour les consommateurs

Le premier ministre Philippe Couillard assure que les consommateurs n'auront pas à payer plus cher pour leur énergie. « On va faire en sorte de limiter l'augmentation des tarifs d'électricité annuels au niveau de l'inflation », dit-il. Québec va aussi encourager les citoyens à devenir leur propre producteur d'énergie, par exemple en installant des panneaux sur le toit, et à remettre de l'énergie dans le réseau.

« On n'est pas sans connaître l'attention portée relativement à l'impact des projets éoliens sur les tarifs d'électricité. Hydro-Québec a fait en sorte de déconnecter le développement éolien des tarifs électriques résidentiels et ça aussi, c'est important pour les consommateurs. »

Il souligne que cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de projets éoliens. « Dans le nord de la province, il y a un potentiel de les libérer du diesel », dit-il.

Un plan de transition

Selon Philippe Couillard, la réduction des émissions de gaz à effet de serre pourront se faire essentiellement grâce au secteur des transports.

Québec parle d'un plan de transition, et dit justement vouloir miser sur le gaz naturel liquéfié comme carburant, en attendant mieux.

« Nous sommes conscients que la fin de l'ère des énergies fossiles n'est pas nécessairement pour demain », a souligné le ministre Pierre Arcand.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a présenté un projet-pilote de stations multi-carburants, qui fourniront aux automobilistes de l'électricité, de l'hydrogène, du gaz naturel, du biocarburant, de l'essence et du propane. L'implantation de ces stations, qui vont s'ajouter aux 700 bornes électriques déjà en fonction au Québec, doit se faire progressivement dans l'ensemble de la province.

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