POLITIQUE
06/04/2016 11:13 EDT | Actualisé 07/04/2017 05:12 EDT

Le directeur parlementaire du budget revoit les chiffres du budget Morneau

Le directeur parlementaire du budget (DPB) corrige au crayon rouge le budget fédéral déposé le 22 mars.

Celui qui a pour rôle de surveiller les calculs du gouvernement fédéral a publié, mercredi matin, un rapport critique du premier budget du gouvernement de Justin Trudeau.

Selon ce rapport, le gouvernement fédéral s'est livré à un ajustement "excessif" des prévisions économiques du secteur privé. Les déficits budgétaires annoncés pour 2016-2017 et 2017-2018 seront donc plus modestes que prévu, de l'avis du DPB.

Le directeur Jean-Denis Fréchette croit "probable" que le PIB nominal réel en 2016 et en 2017 sera supérieur aux chiffres utilisés par le ministre fédéral des Finances pour sa planification budgétaire. Ceci conduirait donc à de plus petits déficits que prévu.

Le premier ministre Justin Trudeau ne se laisse pas convaincre par la correction de M. Fréchette.

"Depuis bien des années, les experts manquent toujours leur coup, dans la même direction, d'à peu près 40 milliards $", a-t-il maintenu lors d'un point de presse à Montréal.

"C'est par désir de transparence, d'ouverture et de véracité" que son gouvernement a fait cet ajustement que M. Fréchette qualifie d'excessif, a ajouté le premier ministre.

"Le DPB estime que les ajustements apportés par le gouvernement aux prévisions du secteur privé (surtout lorsqu'ils sont excessifs et toujours dans le même sens) sapent l'élément d'indépendance que confère au plan financier l'utilisation de ces prévisions", peut-on lire dans le rapport de M. Fréchette.

Le DPB corrige également l'estimation de Finances Canada quant à l'impact sur l'emploi des mesures prises dans le budget de mars.

Ottawa s'attend à une hausse du PIB réel de 0,5 pour cent en 2016-2017 et de 1,0 pour cent en 2017-2018, ce qui mènerait à la création ou au maintien de 143 000 emplois entre 2016 et 2018. Le DPB estime plutôt qu'il y aura gain net de 86 000 emplois pendant cette période.

M. Fréchette reproche aussi au budget 2016 d'avoir ramené de cinq ans à deux ans la période de prévision des coûts du gouvernement.

"Il faut disposer de ces prévisions à moyen terme pour évaluer pleinement l'évolution des coûts des programmes", note le directeur. Puis, il donne un exemple: "l'annulation de la réduction des taux d'imposition des petites entreprises ne se manifestera pas dans un horizon de deux ans".

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