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06/04/2016 03:35 EDT | Actualisé 06/04/2016 04:53 EDT

Panama Papers : la banque RBC est à court d'explications

GRAHAM HUGHES

Le président et chef de la direction de la Banque Royale du Canada (RBC) est incapable d'expliquer comment sa banque a pu collaborer avec le cabinet d'avocats Mossack Fonseca pour créer plus de 370 sociétés-écrans, principalement au Panama et aux îles Vierges britanniques, au cours des 40 dernières années.

David McKay a été soumis à un barrage de questions à ce sujet, mercredi, à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires de la banque. Inquiets de cette situation, dans la mesure où les sociétés-écrans sont souvent associées à des pratiques de fraude fiscale, plusieurs actionnaires ont tenté d'en apprendre davantage, mais en vain.

Le patron de la RBC a assuré à plusieurs reprises que son entreprise respecte le cadre juridique et réglementaire des pays où elle a des activités et qu'elle ne fait face à aucune accusation dans cette affaire. Si la banque détectait quoi que ce soit d'irrégulier, a-t-il aussi dit, elle cesserait toute transaction avec le client impliqué.

M. McKay admet néanmoins qu'il est mécontent que sa banque soit associée à cette affaire et affirme qu'une enquête sur ses relations avec Mossack Fonseca est déjà en cours. Il prévient toutefois que l'affaire s'annonce ardue.

« Nous examinons nos dossiers pour essayer de déterminer quelle relation nous pourrions avoir avec cette firme », a-t-il dit. « Mais l'information porte sur 40 ans. Et nous n'y avons pas accès. Je suis aussi inquiet que vous que notre nom soit traîné dans cette histoire, bien qu'il n'y ait pas la moindre allégation d'actes répréhensibles de notre part. »

Cette réponse n'a pas satisfait Willie Gagnon, du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), fondé par Yves Michaud il y a 20 ans.

« La RBC, comme toutes les banques, nous sert la réponse classique, c'est-à-dire : "nous respectons la loi" », a déclaré M. Gagnon à Radio-Canada. « On ne s'attendait pas à une autre réponse de leur part. On ne suppose pas qu'ils ne respectent pas la loi. Le problème, c'est que les paradis fiscaux, c'est immoral. »

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