POLITIQUE
06/04/2016 09:12 EDT | Actualisé 06/04/2016 11:12 EDT

Le président de l'IRAI, Daniel Turp, visite les indépendantistes en Corse

OTTAWA – Daniel Turp se défend de vouloir créer des liens avec un mouvement indépendantiste qui dérange l’un de ses plus proches alliés.

Le président de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) était de passage à Ajaccio, en Corse, la fin de semaine dernière afin d’établir des partenariats avec d’autres instituts qui font la promotion de l’indépendance.

« Je m’intéresse à ce qui se passe en Corse et je m’intéresse à ce qui se passe en Écosse. Comme président de l’Institut, je vais m’intéresser à tous les mouvements indépendantistes du monde », explique l’ancien député péquiste.

Le voyage de Turp était payé par le Centre Maurits Coppiters, un think tank progressiste belge dont il est membre, qui encourage la recherche sur la « sécession des États », entre autres.

« Les Corses, ce sont un des partis à l’intérieur de ce grand regroupement. On n’a pas de relations bilatérales avec les Corses ou avec d’autres mouvements nationalistes autonomistes français », indique-t-il.

De concert avec le chercheur catalan Marc Sanjaume, le président de l’IRAI a présenté la version préliminaire d’un ouvrage collectif qui s’intitule « L’émergence d’un droit démocratique à l’autodétermination en Europe ».

PKP ne s’en mêle pas

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a fondé l’IRAI qui doit produire un argumentaire en faveur de l’indépendance du Québec. Il doit également financer l’institut avec un montant qui n’a pas encore été dévoilé.

Il était déjà prévu que Turp se rende en Corse à ce moment-ci de l’année et ses nouvelles fonctions n’y changent rien, selon le chef péquiste. « Ce n’est pas lui qui décide où se tient la réunion [du Centre Coppiters] », dit-il.

Par le passé, Péladeau s’est rendu en Écosse lors du référendum et en Catalogne pour la consultation sur l’indépendance. Mais il ne se mouille pas lorsqu’on lui demande s’il appuierait également l’indépendance de l’île de Corse.

« C’est une question qui regarde les Corses. Moi, je suis le chef du Parti québécois, alors je vais défendre mon option politique ici, au Québec. »

Même son de cloche du côté de Daniel Turp. « C’est à eux de décider et c’est à eux d’échanger avec les Français sur leur avenir. Ce n’est pas notre responsabilité de décider pour les Corses ou les Français quel sera leur avenir. »

« Sur cette question-là, je suis assez prudent, mais je veux quand même être à l’écoute de tout le monde. »

Tensions en France

Une coalition de nationalistes – formée d’un parti autonomiste et d’un parti indépendantiste – a pris le pouvoir de l’exécutif corse le 13 décembre dernier.

Le soir de son investiture, le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni a prononcé son discours entier en langue corse et a revendiqué l’indépendance du territoire. Des actions qui ont agacé le premier ministre français Manuel Valls.

«La Corse est dans la France et dans la République et aucun discours, en corse ou en français, ne pourra remettre en question ce lien», a martelé Valls sur la chaîne TF1.

Qui plus est, cette année marque le 18e anniversaire de la mort d’un haut fonctionnaire français - le préfet Claude Érignac - tué par un commando nationaliste. Talamoni a refusé de se rendre à l’hommage officiel qui s’est tenu à Ajaccio.

- Avec des informations de Patrick Bellerose.

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