DIVERTISSEMENT
05/04/2016 05:19 EDT | Actualisé 06/04/2016 01:20 EDT

Autisme : Véronique Cloutier et Louis Morissette lancent leur fondation (PHOTOS)

Véronique Cloutier et Louis Morissette ont choisi leur cause. Désireux depuis des années de s’impliquer socialement et de mettre sa notoriété au service d’actions concrètes pour aider, le couple a dévoilé, mardi matin, le nouveau projet qui lui tient grandement à cœur : la Fondation Véro & Louis, qui caresse l’objectif d’offrir un milieu de vie à long terme adapté aux besoins des adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), âgés de 21 ans et plus.

C’est-à-dire que la Fondation Véro & Louis travaillera à amasser des sous qui, ultimement, serviront à construire une maison parfaitement modelée aux exigences de la condition des adultes touchés par l’autisme, qui répondra à leurs particularités sensorielles, leur permettra de s’épanouir et de se sentir utiles dans leur milieu de vie, aidés d’un personnel qualifié. En somme, la Fondation Véro & Louis poursuit en quelque sorte les mêmes buts que la Fondation Martin-Matte, sauf qu’ici, on cherche à faciliter l’existence des autistes de 21 ans et plus et non des traumatisés crâniens.

Galerie photo Fondation Véro & Louis Voyez les images

Véronique Cloutier, Louis Morissette et leur conseil d’administration visent l’année 2019-2020 pour la mise sur pied de la première résidence, qui sera située quelque part dans la région de Montréal. Trois ou quatre sites sont présentement à l’étude ; on pourrait rénover de fond en comble un bâtiment déjà existant ou en ériger un complètement nouveau. Toutes les options sont présentement sur la table. Bien sûr, à long terme, on n’exclut surtout pas d’étendre le concept en région et d’ouvrir plusieurs maisons au sceau de la Fondation Véro & Louis. Mais une étape à la fois.

«Louis n’aime pas ça quand je dis ça, mais moi, je vois bien grand, s’est fièrement amusée Véronique Cloutier. On vise la première maison d’ici trois ou quatre ans, selon le rythme auquel vont entrer les fonds, mais après, j’aimerais qu’il y en ait 2, 4, 8…. Partout au Québec.»

Années de travail

L’idée d’une fondation était arrêtée depuis longtemps chez les Cloutier-Morissette. Or, entre le rêve et la réalité, il y a plusieurs pas à franchir.

«Ça fait des années qu’on sait qu’il y aura la Fondation Véro & Louis, mais il fallait choisir comment on allait orchestrer notre implication, a expliqué Louis Morissette. En lisant, en se renseignant, on est arrivés à cette cause, celle des gens atteints d’autisme et qui, ayant dépassé l’âge de 21 ans, sont un petit peu laissés pour compte. Le système les laisse aller. Le désarroi des parents, qui ne savent pas ce qui va arriver avec leurs enfants autistes une fois qu’eux-mêmes seront décédés, m’a touché direct au cœur.»

«On connaît les enfants autistes, on connaît la cause, mais on ne sait pas tant de choses sur ce qui les attend après, sur leur avenir, a renchéri Véronique Cloutier. À partir de l’âge de 21 ans, les autistes et leur famille sont laissés à eux-mêmes. Il n’y a plus de services qui sont offerts pour eux.»

C’est le livre Deux garçons à la mère, de Guylaine Guay, qui a allumé l’étincelle chez Véro et Louis.

«Pendant notre réflexion, moi, j’ai lu le livre de Guylaine, qui est maman de deux garçons autistes, très différents l’un de l’autre. Je le lisais simplement parce que j’aime Guylaine, j’étais curieuse de savoir à quoi ressemblait son quotidien avec ses deux fils. Ça m’intriguait et ça m’a énormément touchée», s’est remémoré Véronique.

«C’est bien terrible, et ce n’est pas méchant ce que je vais dire : un enfant malade, tu le prends en photo, il est intubé, tu vois ça, et tu veux mourir, le cœur t’arrête. Mais cet enfant-là, peu importe son syndrome, sa maladie, il vieillit, à un moment donné. En arrivant à 25 ou 30 ans, il a encore des besoins. Mais on est moins là pour eux. C’est alors moins facile, d’aller chercher des dons. C’est là que Véro et moi, on peut aider la cause», a souligné Louis.

L’idée de la Fondation Véro & Louis est en branle depuis deux ou trois ans, mais il y a tout juste un an que celle-ci se matérialise concrètement.

«Il a fallu qu’on lise, qu’on s’informe, qu’on fasse les demandes de certification au gouvernement, qu’on monte un conseil d’administration… C’est très légal. C’est compliqué, avoir une fondation, tu ne veux pas faire ça «broche à foin», tout croche. Tu veux que les dons soient bien administrés, que ça aille au bon endroit», a exposé Véronique Cloutier, qui continuera de s’impliquer pour la Fondation Sainte-Justine à travers les engagements de son employeur, Rythme FM, très lié à l’hôpital pour enfants. Véro voit d’ailleurs un beau lien entre la Fondation Sainte-Justine, qui tend à aider les bouts de choux, et sa propre organisation, qui continuera d’épauler les petits devenus grands. «Toutte est dans toutte», a-t-elle lancé en rigolant.

Comment contribuer?

L’opération est donc officiellement lancée. Dès aujourd’hui, on peut faire un don sur le site web officiel de la Fondation Véro & Louis, déjà fonctionnel, ou par téléphone, au 1-844-FVL-DONS.

Véro et Louis offriront quatre représentations exceptionnelles de leur spectacle Les Morissette, les 23 et 30 novembre 2016, au Capitole de Québec, et les 13 et 14 janvier 2017, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, à Montréal, dont les profits seront entièrement versés à la Fondation. Aussi, dorénavant, sur chaque billet des Morissette vendu d’ici la fin de la tournée, l’an prochain, 2$ seront remis à la Fondation Véro & Louis. D’autres activités de financement sont en outre prévues.

«On va aller voir les grosses compagnies et faire aller nos contacts, a souri Véronique. On va aller chercher des commandites pour la construction de la maison. Et, si ça va bien, qui sait…?»

Dans une perspective plus large, Louis Morissette compte prochainement aller frapper aux portes du gouvernement pour solliciter une contribution. Au total, la Fondation Véro & Louis devra amasser au moins de 3 à 5 millions de dollars pour inaugurer sa première demeure.

«Dépendamment de comment ça ira, de la réponse du public, on pourra considérer la grosseur de la maison et voir ce qu’on en fait, a précisé Louis Morissette. Est-ce qu’on pourrait avoir deux types de maisons, pour les autistes de haut niveau et les autres? Est-ce qu’en plus d’offrir un gîte, un logis, on pourrait offrir un lieu de travail juste à côté? On veut que les gens atteints d’autisme aient une belle vie, qu’ils puissent être autonomes, bien encadrés, qu’ils soient motivés. Tous les plans sont dans nos têtes, présentement. On va voir quelle forme ça prendra. Il y a des maisons comme ça aux États-Unis qu’on va aller visiter, pour s’inspirer et apprendre des autres. Ça va évoluer au cours des prochains mois.»

Changer des vies

Le regroupement a même déjà sa chanson-thème, On écrit sur les murs. L’entraînante ritournelle, véritable ver d’oreille à qui on prédit une longue vie sur les ondes radiophoniques, est une chanson écrite et composée par Jean-Marie Moreau et Romano Musumarra en 1989, qui connaît actuellement un regain de popularité en Europe. Pour les besoins de la Fondation Véro & Louis, Judith Bérard, conjointe de Musumarra, a réarrangé le morceau, et la chanteuse Raffy en est la voix officielle, accompagnée d’un chœur d’enfants. On peut déjà télécharger On écrit sur les murssur iTunes, et les retombées de l’achat iront évidemment à la Fondation Véro & Louis.

La Fondation Véro & Louis a déjà son logo, constitué de quatre petites pièces de casse-tête aux couleurs pâles et foncées, symbolisant les deux sexes, ainsi que deux porte-paroles vivant avec l’autisme, Justine et Alexandre, qui posent avec Véro et Louis sur les affiches officielles de la Fondation. À la conférence de presse, mardi matin, tous les collaborateurs de la Fondation Véro & Louis étaient vêtus de bleu, la couleur officielle de la cause de l’autisme. Même la date de l’annonce n’a pas été choisie au hasard, avril étant le mois de l’autisme.

Muse de la Fondation Véro & Louis, Guylaine Guay endossera le rôle de marraine et sera de tous les événements caritatifs de l’entreprise. Maman de Léo et Clovis, tous deux autistes, l’un de haut niveau (qui parle et fréquente une école spécialisée) et l’autre non-verbal (qui a du mal à communiquer), Guylaine est l’une des personnes les mieux placées pour transmettre le message de la Fondation Véro & Louis.

«Dans mon livre, je disais que je rêvais d’une maison qui accueillerait plein d’autistes et où il y aurait beaucoup d’amour, a relaté la comédienne. Je disais aussi que je savais que quelqu’un en train de lire mon livre allait le faire. Et c’est Véro, qui l’a lu, et qui s’est sentie interpellée. C’est parti de là. Une toute petite phrase, dans un tout petit livre, va changer ma vie, et beaucoup, beaucoup d’autres vies, et va mettre l’autisme en lumière, surtout. L’autisme des adultes, parce qu’on n’en parle pas très souvent.»

«En ce moment, au Québec, on scolarise les autistes jusqu’à l’âge de 21 ans, mais après, le système les abandonne littéralement. Il y a évidemment quelques organismes communautaires, mais à cause des coupures, c’est là qu’on coupe en premier. Quand on retire un autiste de l’école à 21 ans, il perd tous ses acquis et, donc, il régresse beaucoup. C’est important de continuer la stimulation.»

«C’est un très gros projet, c’est big, mais je pense que ça prenait juste Véro et Louis pour le faire. Et je suis heureuse de le faire avec eux», a conclu Guylaine Guay.