NOUVELLES
05/04/2016 12:16 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Un juge brésilien ordonne l'examen d'une demande de destitution du vice-président Temer

Un juge du Tribunal suprême fédéral brésilien (STF) a ordonné mardi au président du Congrès des députés de donner suite à une demande de destitution du vice-président Michel Temer comme celle visant la présidente Dilma Rousseff.

Le président du Congrès des députés Eduardo Cunha, farouche adversaire de Mme Rousseff et membre du même parti centriste PMDB que le vice-président Temer, avait décidé lundi de classer sans suite cette demande.

Mais dans sa décision susceptible d'appel, le juge du STF a ordonné à M. Cunha de faire transiter la demande au Congrès des députés pour qu'y soit installée une Commission spéciale parlementaire chargé de rendre un premier avis.

M. Temer remplacerait Mme Rousseff jusqu'à la fin de son mandat en 2018 si elle était destituée.

La demande de destitution déposée contre lui vise les mêmes irrégularités que celles imputées à la présidente.

Il lui est reproché d'avoir signé des décrets autorisant des dépenses incompatibles avec les objectifs budgétaires, sans autorisation préalable du Parlement, ce qui constituerait un crime de responsabilité passible de destitution selon l'auteur de la demande, un avocat brésilien.

M. Cunha avait déclenché en décembre la procédure de destitution en cours contre Mme Rousseff, après avoir été lui-même renvoyé devant la Commission d'éthique du parlement pour répondre de soupçons de corruption dans le cadre du scandale Petrobras.

En présentant mardi la défense de Dilma Rousseff devant la Commission spéciale sur la destitution, l'avocat général de l'Etat Brésilien José Eduardo Cardozo avait accusé M. Cunha d'avoir voulu "se venger" de la présidente.

Il avait qualifié ce député évangélique ultra-conservateur de "maître chanteur", jugeant que la procédure contre Mme Rousseff était entachée d'un "pêché originel".

Le vote des députés sur la destitution de Mme Rousseff devrait intervenir le 18 avril, a indiqué mardi le rapporteur de la Commission spéciale.

L'opposition aura besoin de deux tiers des votes (342 sur 513) pour que la procédure se poursuive au Sénat, faute de quoi elle sera enterrée.

Des voix se font entendre au Brésil pour réclamer de nouvelles élections générales afin de sortir de le pays de la crise politique historique qui le paralyse.

Cette hypothèse improbable ne pourrait en théorie se concrétiser que si Mme Rousseff et M. Temer perdaient tous deux leur mandat.

nr/cdo/pal/fjb