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05/04/2016 14:49 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Un amateur a-t-il manqué de respect envers les professionnels?

BILLET - Le marathon de Paris, dimanche dernier, a donné lieu à une controverse quand un amateur s'est propulsé en tête de course au départ du parcours de 42,2 kilomètres.

Un texte de Cendrix Bouchard

Alexis Valtat est parti à toute allure devant les coureurs professionnels et les 43 000 autres participants. Il n'a tenu le coup que sur une distance de 600 mètres. Valtat n'a pas apprécié la critique du journaliste Patrick Montel et du consultant de France 3 Bernard Faure qui, durant la télédiffusion de l'épreuve, l'ont traité de plaisantin et de fantaisiste et ont qualifié son geste d'irrespectueux.

Voltat a plus tard publié une longue explication sur son compte Facebook :

Il y explique être un coureur assidu qui a obtenu le droit d'être sur la ligne de départ avec les coureurs les plus rapides en raison d'un temps de 2 heures 39 minutes lors d'un autre marathon. Il faut comprendre que l'ordre de départ des coureurs dans des événements majeurs se fait en fonction de leur temps de qualification et ils sont assignés à des vagues de départ.

Alexis Valtat qui affirme avoir parcouru 14 000 kilomètres au cours des 5 dernières années n'a rien commis d'illégal : « Je courais juste en tête du marathon, en ayant respecté toutes les règles. Je vivais, intensément ! De mon plein droit, j'ai pris le départ, et j'ai couru. J'ai le plus grand respect pour ces coureurs. Je sais ce qu'ils endurent pour arriver à ce niveau. »

Le journaliste Patrick Montel a présenté ses excuses sur sa page Facebook, mais a tenu à faire une mise au point en raison de la volée de bois vert qu'il dit avoir reçue sur les médias sociaux.

Le journaliste qui affirme lui même courir de façon assidue, soit trois fois par semaine depuis 25 ans, se dit très attristé d'avoir été traité de raciste par le coureur: « J'ai fait de la lutte contre le racisme le seul véritable combat de ma vie. Si j'aime intensément les coureurs et la course à pied, c'est parce que justement la sueur, l'effort et la souffrance gomment les différences de statut social, de religion et de couleur de peau. »

Une controverse qui n'a pas manqué de soulever beaucoup d'intérêt au sein de la communauté sportive et sur les réseaux sociaux. D'autres sports, comme le triathlon ont des règles empêchant pareil scénario. Lors des épreuves de triathlon, les professionnels effectuent un départ avant ce qu'on appelle les groupes d'âge. Il n'est pas exclu que des amateurs rattrapent et dépassent les professionnels, mais une situation comme celle du marathon de Paris est impossible.

Prenons également l'exemple du cyclisme ou les échappées sont très communes. En fait, rares sont les courses ou étapes de grands tours où on ne voit pas au moins un rouleur s'élancer pour se détacher du peloton, espérant ainsi tenir jusqu'à la fin parfois, plus de cent kilomètres plus tard. Les chances de réussite sont minces mais les tentatives demeurent aussi nombreuses. Alors, pourquoi s'y risquer alors que tout indique qu'on sera rattrapé, avec une amère déception, peut-être à quelques mètres de la ligne d'arrivée tant convoitée ? Ces athlètes obtiennent parfois leur moment de gloire et ont au moins la chance de faire voir les couleurs de leurs commanditaires, parfois par des millions de téléspectateurs !

C'est finalement le Kenyan Cybrian Kotut qui a remporté la quarantième édition du marathon de Paris en 2:07:11.