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04/04/2016 21:16 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Thaïlande: les ONG dénoncent le renforcement des pouvoirs de l'armée

Plusieurs groupes de défense des droits de l'Homme ont appelé mardi la junte au pouvoir en Thaïlande à "renoncer immédiatement" à un nouveau décret qui donne aux militaires des pouvoirs de police étendus.

Depuis fin mars, les militaires ayant au moins le grade de sous-lieutenant ont le droit d'appréhender des suspects et de les détenir pendant une semaine pour un éventail de crimes élargi.

La junte a expliqué que ce décret était nécessaire pour sévir contre "la mafia", assurant pallier ainsi un déficit de policiers.

Dans une déclaration commune publiée mardi, six ONG, dont Human Rights Watch (HRW), Amnesty international et la Commission internationale de juristes (CIJ), condamnent ce décret qui va conduire la Thaïlande à violer "ses obligations internationales en matière de droits de l'Homme".

"Au lieu d'ouvrir la voie à un retour à la démocratie, la junte thaïlandaise élargit ses pouvoirs pour faire à peu près tout ce qu'elle veut, y compris commettre des exactions en toute impunité", dénonce Brad Adams, directeur Asie de HRW.

D'après les détails donnés par la Gazette royale la semaine passée, les soldats ont maintenant le droit de détenir des suspects sans mandat d'arrêt, de saisir leurs avoirs et de les empêcher de quitter le pays.

Les soldats ne sont soumis à aucun contrôle d'une police des polices pour ces actions, contrairement aux policiers.

"Nous avons constaté une régulière érosion du respect des droits de l'Homme en Thaïlande depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 et cette nouvelle loi est le signe d'une nouvelle poussée dans cette direction", affirme Wilder Tayler, secrétaire général de la CIJ.

Ce décret ouvre la voie à des "abus pour réprimer et faire taire ceux perçus comme des dissidents, y compris les défenseurs des droits de l'homme", craignent les ONG.

Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a utilisé des pouvoirs spéciaux pour mettre en place une série de lois restreignant les libertés publiques.

Arrestations et procès pour rébellion ou lèse-majesté se sont multipliées et la junte a de plus en plus recours à des séances de "rééducation" pour ses opposants politiques.

Au total, des centaines d'hommes politiques, de journalistes ou de simples citoyens ont été convoqué pour des périodes d'incarcération pouvant durer jusqu'à sept jours.

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