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05/04/2016 10:40 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Québec confie au SPVM les plaintes de femmes autochtones visant des policiers de la SQ

Toutes les plaintes de nature criminelle déposées par des femmes autochtones à l'endroit d'un policier de la Sûreté du Québec (SQ) ou d'un autre corps policier de la province seront dorénavant traitées par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a annoncé mardi le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux.

Cette décision s'inscrit dans la foulée d'un récent reportage d'Enquête concernant des femmes autochtones qui disent avoir subi des agressions sexuelles de la part de policiers ailleurs qu'à Val-d'Or. Le SPVM avait déjà reçu le mandat d'enquêter sur les dossiers de femmes autochtones de cette ville d'Abitibi-Témiscamingue après un premier reportage, cet automne.

M. Coiteux a précisé en conférence de presse que le mandat confié au SPVM concerne non seulement les plaintes actuelles, mais aussi les plaintes antérieures déposées par des femmes autochtones contre un policier de la SQ.

Il dit avoir demandé au directeur général de la SQ, Martin Prud'homme, de « transférer systématiquement » toutes les plaintes de nature criminelle déposées par des femmes autochtones à l'encontre de ses policiers au cours des 10 dernières années au SPVM.

Cela n'inclut cependant pas les plaintes qui ont déjà fait l'objet d'une décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales ou de celles qui ont été fermées à la suite d'une décision de sa part.

Le SPVM fera le « traitement et l'analyse » de ces plaintes, a dit M. Coiteux.

Le ministre de la Sécurité publique dit avoir aussi demandé à M. Prud'homme de s'assurer que les policiers ne pratiquent pas des « cures géographiques », c'est-à-dire d'abandonner des Autochtones au milieu de nulle part pour qu'ils dégrisent. « Cela ne peut être une pratique tolérée », a-t-il déclaré.

Le ministre Coiteux a par ailleurs fait savoir que les femmes autochtones qui souhaitaient déposer une plainte de nature criminelle contre un policier de la SQ pourront désormais appeler le Service parajudiciaire autochtone du Québec au 1 888 844-2094. L'organisme accompagnera ensuite les femmes auprès du SPVM.

Martin Coiteux affirme qu'il s'agit d'un moyen de « bonifier l'accès à la dénonciation » pour que les femmes autochtones n'hésitent pas à porter plainte.

Plus de détails à venir.