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05/04/2016 05:30 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Pour la primaire du Wisconsin, Clinton et Trump ne sont pour une fois pas favoris

Les électeurs du Wisconsin ont commencé à voter mardi matin pour les primaires républicaine et démocrate à la présidentielle américaine, des consultations où pour une fois, Donald Trump et Hillary Clinton ne partent pas favoris.

Cet Etat des Grands Lacs à la frontière canadienne est le seul à voter mardi et même s'il n'accorde qu'une toute petite portion des délégués pour l'investiture, cet isolement donnera aux résultats un grand retentissement médiatique.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (12H00 GMT).

Chez les républicains, le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz devançait ces derniers jours Donald Trump dans les sondages lui donnant environ 40% des intentions de vote contre 35% pour le milliardaire. John Kasich, gouverneur de l'Ohio, est à 18%.

Pour tenter de redorer son image auprès de l'électorat féminin, qui l'accuse souvent de misogynie et d'être irrespectueux, Donald Trump a pu profiter pour la première fois lundi soir d'une intervention de son épouse Melania. Celle-ci a pris la parole lors d'un meeting où elle a défendu un "grand leader" qui selon elle traite tout le monde "à égalité, homme ou femme".

Ancien mannequin d'origine slovène, toujours très élégante, Melania Trump n'avait jusqu'à présent fait que quelques apparitions furtives au coté du candidat républicain, limitant également les interviews. Mais lundi elle a décrit le milliardaire de 69 ans comme quelqu'un qui "travaille dur, gentil, avec un grand coeur, solide, intelligent".

"C'est un grand communicateur, un grand négociateur, il dit la vérité, c'est un grand leader, il est juste", a ajouté Mme Trump, 45 ans, en robe claire et talons aiguilles, s'exprimant avec un fort accent slovène. "Et comme vous le savez maintenant, quand vous l'attaquez, il va frapper dix fois plus fort".

Malgré son retard dans les sondages dans le Wisconsin, Donald Trump peut se rassurer en contemplant sa cote à New York, qui votera le 19 avril, et où il recueille plus de 50% des intentions de vote, ainsi qu'en Pennsylvanie (26 avril).

"Si on s'en tire bien ici, les amis, c'est fini", a-t-il lancé lundi à ses partisans dans une de ses dernières réunions dans le Wisconsin.

- Hillary 'sous pression' -

Cependant, les caciques républicains soutiennent de leur côté Ted Cruz, le héros du Tea Party, âgé de 45 ans, qui a construit toute sa campagne sur le rejet des élites. Le gouverneur local, Scott Walker, fait campagne pour lui, un appui décisif pour mobiliser la base républicaine des banlieues blanches de Milwaukee.

"Nous enchaînons les victoires", s'est enthousiasmé Ted Cruz lundi.

En fait, il a remporté huit consultations et 466 délégués, contre 20 Etats et 739 délégués gagnés par Donald Trump. John Kasich en a 145. Pour empocher l'investiture, il leur faudra 1.237 délégués, un chiffre que seul Trump est en position d'atteindre.

L'enjeu du Wisconsin, où seuls 42 délégués sont en jeu, est donc surtout de légitimer le maintien en course de Ted Cruz.

Faute de majorité absolue pour Donald Trump, les délégués de la convention nationale du parti à Cleveland, en juillet, seraient libres de voter selon leur conscience lors d'un éventuel deuxième ou troisième tour de scrutin, et donc de barrer éventuellement la route au milliardaire.

Du côté des démocrates, Hillary Clinton semblait quant à elle avoir abandonné tout espoir de gagner le Wisconsin: l'ancienne secrétaire d'Etat de 68 ans avait passé dimanche et lundi matin à New York, ne revenant que lundi soir dans l'Etat, laissant le champ libre au sénateur du Vermont, Bernie Sanders.

"Entre nous, je ne veux pas affoler Hillary Clinton plus qu'elle ne l'est déjà, elle a suffisamment de pression comme ça", s'est amusé ce dernier devant ses partisans lundi à Janesville. "Mais si nous gagnons ici et à New York, nous serons sur la voie de la Maison Blanche".

Bernie Sanders, 74 ans, a encore une fois en mars levé énormément d'argent: 44 millions de dollars contre 29,5 millions pour Hillary Clinton, signe de l'engouement populaire pour le socialiste démocrate.

Mais pour combler son déficit de délégués, il lui faudra gagner au moins 60% des délégués restant en jeu, selon les calculs de l'AFP.

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