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05/04/2016 19:46 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Pérou: manifestation anti-Keiko Fujimori à cinq jours de l'élection présidentielle

Environ 50.000 personnes manifestaient mardi soir à Lima contre la candidature de Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) emprisonné et favorite de l'élection présidentielle au Pérou, à cinq jours du scrutin.

Au cri de "Fujimori plus jamais", la foule, des jeunes majoritairement, s'est rassemblée sur la place San Martin, dans le centre de la capitale, pour défiler jusqu'au siège de la commission électorale.

La marche se déroulait sans incident, sous forte escorte policière - environ 2.500. Une responsable gouvernementale a affirmé à l'AFP qu'environ 50.000 personnes y participaient.

"Je veux que le monde sache que les Péruviens sont indignés par l'éventualité qu'une fille de corrompue soit présidente", a déclaré Patricia Salazar, une enseignante de 57 ans, à l'AFP.

Les collectifs réunis sous le nom de "Non à Keiko" qui organisent cette marche n'ont pas choisi la date du 5 avril par hasard: elle correspond à l'anniversaire de l'"autogolpe".

Faute de majorité, le 5 avril 1992, avec l'appui des forces armées, Fujimori père avait dissous le parlement et suspendu la constitution. En novembre, il avait convoqué des élections à une constituante. Une nouvelle constitution avait été adoptée un an plus tard, avant qu'il ne soit réélu en 1995.

Ces jours-ci, le mot d'ordre de la marche a largement circulé sur les réseaux sociaux : "Keiko, ca va pas !". La manifestation était soutenue par le président sortant Ollanta Humala, un commandant de l'armée retraité qui en 2000 avait mené un soulèvement militaire contre Fujimori père pour demander sa démission.

"Je suis satisfait de voir que des milliers de jeunes vont sortir défiler contre la dictature et pour la démocratie", a déclaré lundi soir le chef de l'Etat dans un entretien à la chaine Latina TV.

"C'est une partie de la mémoire du pays. Un pays qui oublie son histoire est condamné à la répéter", a ajouté celui qui laissera le pouvoir le 28 juillet avec un faible taux de popularité et sans candidat de son parti pour lui succéder.

De son côté, Keiko Fujimori a lancé un appel au calme à ses supporteurs.

"Ils (les collectifs, ndlr) ont tout à fait le droit de se réunir, nous demandons de la tolérance et d'éviter la violence. Nous avons demandé à nos militants d'éviter de céder à toute provocation", a déclaré la favorite des sondages, avec 34,4% des intentions de votes.

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