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05/04/2016 13:41 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Pérou : manifestation anti-Keiko Fujimori à cinq jours de l'élection présidentielle

A cinq jours de l'élection présidentielle au Pérou, une manifestation contre la candidature de Keiko Fujimori, favorite des sondages et fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) emprisonné, était organisée mardi soir à Lima, crispant la dernière phase de la campagne.

Organisée à l'appel de collectifs réunis sous le nom de "Non a Keiko", la manifestation devait débuter à 22H00 GMT. La date du 5 avril n'a pas été choisi par hasard : elle correspond à l'anniversaire de l'"autogolpe".

Faute de majorité, le 5 avril 1992, avec l'appui des forces armées, Fujimori père avait dissous le parlement et suspendu la constitution. En novembre, il avait convoqué des élections à une constituante. Une nouvelle constitution avait été adoptée un an plus tard, avant qu'il ne soit réélu en 1995.

Ces jours-ci, le mot d'ordre de la marche a largement circulé sur les réseaux sociaux : "Keiko, ca va pas !". Il fait référence au recul que représenterait, selon les organisateurs, l'arrivée au pouvoir de la fille d'Alberto Fujimori, qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l'humanité.

Quelque 20.000 personnes sont attendues, selon les organisateurs.

"Nous appelons les gens à rejoindre la marche de manière pacifique et venir avec les mains peintes en blanc" en signe de rejet de la corruption, a déclaré Carlos Salazar, un des représentants des collectifs.

La manifestation est soutenue par le président sortant Ollanta Humala, un commandant de l'armée retraité qui en 2000 avait mené un soulèvement militaire contre Fujimori père pour demander sa démission.

"Je suis satisfait de voir que des milliers de jeunes vont sortir défiler contre la dictature et pour la démocratie", a déclaré lundi soir le chef de l'Etat dans un entretien à la chaine Latina TV.

"C'est une partie de la mémoire du pays. Un pays qui oublie son histoire est condamné à la répéter", a ajouté celui qui laissera le pouvoir le 28 juillet avec un faible taux de popularité et sans candidat de son parti pour lui succéder.

De son côté, Keiko Fujimori a lancé un appel au calme à ses supporteurs.

"Ils (les collectifs, ndlr) ont tout à fait le droit de se réunir, nous demandons de la tolérance et d'éviter la violence. Nous avons demandé à nos militants d'éviter de céder à toute provocation", a déclaré la favorite des sondages, avec 34,4% des intentions de votes.

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