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05/04/2016 02:51 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

"Panama papers": un collectif exhorte le Parlement européen à rejeter une directive sur le secret des affaires

Un collectif de journalistes, lanceurs d'alerte, scientifiques, ONG, associations et syndicats européens, a appelé mardi le Parlement européen à rejeter le projet de directive européenne sur "la protection des secrets d'affaires" sur lequel il doit se prononcer le 14 avril.

Dans un communiqué, ce collectif rappelle que si ce texte est adopté, un vaste scandale d'évasion fiscale comme celui des "Panama papers" ne pourrait plus être révélé, ni le scandale financier "LuxLeaks" sur le traitement fiscal des multinationales installées au Luxembourg qui avait éclaté en 2014 grâce au Consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ).

Le collectif annonce le lancement d'une "deuxième pétition européenne" contre la directive sur le secret des affaires, déjà forte de 70.000 signatures, après celle lancée en juin 2015 par la journaliste française Elise Lucet (plus de 500.000 signatures).

Il met en garde contre un texte "qui se propose justement de donner à des entreprises comme le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca", au centre de l'affaire des "Panama papers", "des moyens juridiques supplémentaires pour poursuivre des journalistes ou des entreprises de presse publiant sans leur consentement des documents et des informations internes".

Le projet de directive "secret des affaires" vise à instaurer un socle juridique européen pour lutter notamment contre l'espionnage industriel et protéger l'innovation.

Parmi les membres du collectif, la présidente de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Françoise Dumont a demandé au président français François Hollande, qui a remercié les lanceurs d'alerte et la presse pour leur travail sur les "Panama papers", de "soutenir publiquement le lanceur d'alerte Antoine Deltour", à l'origine des révélations LuxLeaks.

M. Deltour et deux autres hommes, dont le journaliste français Edouard Perrin, sont inculpés pour avoir divulgué des centaines de documents confidentiels sur le traitement fiscal des multinationales installées au Luxembourg.

Ces documents concernaient des rescrits fiscaux accordés par l'administration et négociés par la firme PwC pour le compte de ses clients. Leur procès s'ouvrira le 26 avril.

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