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05/04/2016 02:24 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

"Panama papers": le président islandais écourte un séjour aux Etats-Unis

Le président islandais a écourté un séjour aux Etats-Unis mardi pour rentrer dans son pays en crise après les révélations des "Panama papers" sur les avoirs du Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, a annoncé la télévision publique RUV.

Olafur Ragnar Grimsson a atterri dans la matinée à Reykjavik où des milliers de manifestants ont réclamé lundi soir la démission du chef du gouvernement en jetant des oeufs et du "skyr", un fromage blanc local, devant le Parlement.

Une nouvelle manifestation est prévue à partir de 17h00 locales (17h00 GMT).

M. Grimsson devait rencontrer dans la journée les responsables des partis politiques représentés à l'Althing où une motion de censure présentée par l'opposition de gauche pourrait être votée cette semaine.

Egalement visé par les "Panama papers", le ministre des Finances Bjarni Benediktsson, du Parti de l'indépendance membre de la coalition gouvernementale, est lui aussi rentré précipitamment de Floride pour s'expliquer et s'entretenir avec M. Gunnlaugsson.

Selon des documents dévoilés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), M. Gunnlaugsson, 41 ans, a détenu des millions de dollars avec son épouse dans une société basée aux îles Vierges britanniques, appelée Wintris.

Quand il a été élu député en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait. Il a cédé ses parts à son épouse fin 2009 pour un dollar symbolique.

Pour la première fois mardi, des responsables de sa formation, le Parti du progrès, l'ont appelé à présenter sa démission sur leur page Facebook.

Evoquant "une crise de confiance" de la population, ces conseillers municipaux, élus dans sa propre circonscription, "l'exhortent à renoncer à ses fonctions".

Mais le chef du gouvernement bénéficie toujours du soutien d'une majorité d'édiles de sa formation. "Je n'ai pas l'intention de démissionner", martèle-t-il.

Dans le cas le plus probable, où l'opposition voterait la motion de censure tandis que le Parti du progrès s'y opposerait, le sort du gouvernement serait décidé par le Parti de l'indépendance, qui apparaît divisé sur la question du fait de la mise en cause de M. Benediktsson.

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants et cadres usaient et abusaient des sociétés écrans.

bur-gab/at