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05/04/2016 09:57 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

"Panama papers": le Premier ministre pakistanais annonce une commission d'enquête

Le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, dont la famille est mise en cause dans le scandale "Panama Papers" sur les paradis fiscaux, a annoncé mardi la formation d'une commission d'enquête.

"J'ai décidé de mettre en place une commission judiciaire de haut niveau dirigée par un juge à la retraite de la Cour suprême. Cette commission tranchera sur la réalité et sur le poids de ces allégations", a déclaré M. Sharif dans une allocution diffusée à la télévision nationale.

Selon des documents dévoilés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ qui s'est procuré 11,5 millions de documents baptisés "Panama papers", émanant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, certains dirigeants et personnalités ont dissimulé des placements dans des paradis fiscaux.

Parmi les personnes citées figurent trois des quatre enfants de Nawaz Sharif -- sa fille Maryam, pressentie comme son successeur, et ses fils Hasan et Hussain, propriétaires de biens immobiliers à Londres par le biais de compagnies offshore gérées par le cabinet panaméen.

"Des amis m'ont dit que, comme il n'y a rien contre moi et que mes deux fils sont adultes et responsables de leurs actes, je devrais me tenir à l'écart... Mais mes compatriotes, je veux que les faits soient présentés devant la nation et que tout Pakistanais puisse connaître ces allégations", a ajouté le Premier ministre.

Il a demandé "à ceux qui répètent des allégations stéréotypées et qui en font un cirque quotidien, de se présenter devant la commission pour prouver leurs allégations".

Selon lui, l'un de ses fils, Hassan vit à Londres depuis 1994 et un autre, Hussein, réside en Arabie Saoudite depuis 2000 et ils dirigent leurs affaires dans le respect des lois.

"Mon père avait établi une usine d'acier près de Makkah avec des prêts de banques saoudiennes quand il était en exil. Après quelques années, cette usine a été vendue et les revenus ont été utilisés par mes fils Hassan et Hussain pour leurs nouvelles affaires", a-t-il assuré.

Hussain Sharif avait auparavant assuré à la chaîne de télévision Geo que sa famille n'avait "rien fait de mal". "Ces appartements sont à nous, et ces compagnies offshore aussi nous appartiennent", a déclaré le fils du Premier ministre. "Il n'y a rien de mal à cela, je ne les ai jamais cachés, et je n'ai pas besoin de le faire".

"En vertu du droit britannique et de celui d'autres pays, c'est une façon légale d'éviter de payer trop d'impôts via des compagnies offshore", a-t-il ajouté.

N'étant plus résident du Pakistan, Hussain Sharif n'est "pas tenu de déclarer (ses) biens" en vertu de la loi pakistanaise, a-t-il souligné, se disant prêt à se présenter "volontairement devant (...) toute institution judiciaire et d'enquête au Pakistan".

"Nawaz Sharif n'est propriétaire d'aucune compagnie, mais voir des compagnies au nom de ses enfants soulève des questions", a souligné pour sa part Umar Cheema, du Centre indépendant pour le journalisme d'investigation au Pakistan (CIRP).

Le CIRP est l'un des partenaires du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui a passé des mois à exploiter ces documents issus d'une fuite majeure, jusqu'à leur publication dimanche.

"Notre rapport a identifié plus de 200 Pakistanais, dont des avocats, des députés, et des représentants du pouvoir judiciaire", a-t-il précisé.

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