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05/04/2016 04:59 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

"Panama Papers": le Premier ministre islandais menace de dissoudre le Parlement

Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson, pris dans la tourmente des "Panama Papers", a menacé mardi de dissoudre le Parlement s'il était lâché par le Parti de l'indépendance, son allié au sein de la coalition gouvernementale.

"J'ai dit au président du Parti de l'indépendance que si les parlementaires du parti estiment qu'ils ne peuvent plus soutenir le gouvernement pour finir ensemble le travail, je dissoudrai le Parlement et convoquerai des élections législatives", a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Alors que l'opposition de gauche réclame la tête du chef du gouvernement, le Parti de l'indépendance apparaît divisé et d'autant moins favorable à une dissolution que son président et ministre des Finances, Bjarni Benediktsson, est lui aussi éclaboussé par les "Panama Papers".

D'actuels ou anciens conseillers municipaux de Reykjavik appartenant à la même formation sont eux aussi mis en cause et les élus du Parti de l'indépendance craignent une sanction des électeurs en cas de législatives anticipées.

Plusieurs milliers de manifestants avaient réclamé lundi soir la démission du chef du gouvernement en jetant des oeufs et du "skyr", un fromage blanc local, devant le Parlement.

Le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a écourté un séjour aux États-Unis mardi pour s'entretenir avec son Premier ministre et les responsables des partis politiques représentés à l'Althing où une motion de censure présentée par l'opposition de gauche pourrait être votée cette semaine.

Une nouvelle manifestation était prévue ce mardi à partir de 17h00 locales (17h00 GMT).

Sigmundur David Gunnlaugsson a détenu avec son épouse une société basée aux îles Vierges britanniques, selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a mis au jour un vaste système d'évasion fiscale impliquant 140 responsables politiques et personnalités dans le monde.

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants et cadres usaient et abusaient des sociétés écrans.

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