NOUVELLES
05/04/2016 11:25 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Panama Papers: le douteux contrat signé par Gianni Infantino

Le président de la Fifa Gianni Infantino est mis en cause par les "Panama Papers" pour avoir signé des contrats avec une société offshore pour céder des droits télévisés en dessous des prix du marché alors qu'il dirigeait le département juridique de l'UEFA, affirme le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung mardi soir.

Le journal de Munich (sud), qui a obtenu les "Panama Papers" avant d'entamer un vaste travail d'investigation avec une centaine de journalistes, affirme que M. Infantino a signé en 2006 et 2007 des contrats portant notamment sur des droits télévisés sur trois saisons de Ligue de champions avec des hommes d'affaires aujourd'hui poursuivis par la justice américaine dans le scandale de corruption qui secoue la Fifa.

La société Cross Trading, basée à Niue, une île du sud-Pacifique, a ainsi acquis en 2006 les droits télévisés pour les saisons de 2006 à 2009 auprès de l'UEFA pour 111.000 dollars, explique le journal. En 2007, elle a également décroché les droits de la Coupe de l'UEFA et de la Supercoupe d'Europe.

Or les propriétaires de cette société sont les Argentins Hugo et Mariano Jinkis, inculpés aux Etats-Unis pour avoir versé des pots-de-vin en échange de droits de diffusion des compétitions de la Fifa en Amérique du Sud.

Cross Trading a ensuite revendu ces droits sur la Ligue des champions pour plus de 311.000 dollars.

Le journal allemand s'interroge ainsi sur les raisons qui ont poussé l'UEFA à vendre des droits pour des prix largement inférieurs à ceux du marché.

Gianni Infantino était alors directeur des affaires juridiques de l'UEFA, un poste qu'il a occupé avant de devenir secrétaire général de l'organisation puis le bras droit du président d'alors, Michel Platini.

Contactée par le Süddeutsche Zeitung, l'UEFA a indiqué: "Nous ne savions pas qui étaient à l'époque les véritables propriétaires de Cross Trading ".

Les révélations des "Panama Papers" ont levé le voile sur un vaste système d'évasion fiscale à l'échelle planétaire. Elles ont entraîné mardi la chute du Premier ministre islandais.

yap/agu