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05/04/2016 05:46 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Love Parade meurtrière en Allemagne: un tribunal rejette la tenue d'un procès pénal

Un tribunal allemand a refusé mardi la tenue d'un procès pénal sur le drame de la Love Parade de Duisbourg, où 21 personnes étaient mortes dans un mouvement de foule en 2010, des proches des victimes criant au "scandale judiciaire".

Le Parquet a d'ores et déjà annoncé qu'il faisait appel de cette décision.

Le tribunal de Duisbourg, cité de la Ruhr où s'est déroulée la catastrophe, a jugé que les charges contre les prévenus étaient insuffisantes. "Les soupçons de l'accusation ne peuvent pas être prouvés avec les preuves présentées. On ne peut donc pas s'attendre à une condamnation des (dix) accusés", a indiqué le tribunal de Duisbourg.

Au cours d'une conférence de presse, le président du tribunal de Duisbourg, Ulf-Thomas Bender, a notamment jugé que l'expertise d'un spécialiste britannique, pièce maîtresse de l'accusation, souffrait de "manquements graves" et n'était pas "exploitable". "La chambre n'a pas pris cette décision facilement", a-t-il insisté.

Après le drame, autorités et organisateurs s'étaient rejeté la responsabilité.

L'avocat Julius Reiter, qui représente une centaine de victimes, a parlé d'un "scandale judiciaire". Sa collègue Bärbel Schönhof a dénoncé auprès de l'agence DPA une "gifle" assénée à des gens "extrêmement traumatisés" par le drame qui a ensanglanté cette grande fête de la musique techno.

"En ce moment, tout s'effondre. Les proches, les victimes, nous sommes abasourdis", a également indiqué à l'agence allemande Jörn Teich, qui fut grièvement blessé lors du drame.

En février 2015 le Parquet avait pourtant demandé le renvoi pour "homicide involontaire ou blessures involontaires" de six employés de la Ville et quatre salariés de la société qui avait organisé ce festival.

Le procureur de Duisbourg, Horst Bien, avait alors précisé que le Parquet était convaincu que "des erreurs graves" avaient été commises dans "la conception et l'autorisation" de cette Love Parade et que "des manquements à la sécurité" existaient le jour de la catastrophe.

Entre 2010 et 2015, 26 procédures civiles ont été ouvertes auprès du tribunal de Duisbourg, dont 13 plaintes contre la société organisatrice et ses dirigeants, la Ville de Duisbourg et l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, selon la juridiction.

Actuellement, 12 plaintes civiles sont encore pendantes, les autres procédures s'étant soldées par des arrangements ou des rejets, selon la même source.

Deux plaintes doivent être examinées le 11 mai.

Le drame avait eu lieu le 24 juillet 2010. 21 personnes, dont sept étrangers, étaient mortes étouffées aux abords d'un tunnel, unique accès au terrain d'une ancienne gare qui hébergeait la Love parade, ce grand rendez-vous de la techno qui a connu son heure de gloire à Berlin après la Réunification avant de déménager dans la Ruhr. Quelque 650 personnes avaient en outre été blessées.

Le maire conservateur de la ville, Adolf Sauerland avait été forcé de démissionner le 12 février 2012 après un référendum organisé dans sa municipalité pour obtenir son départ.

Avec cette Love Parade, M. Sauerland voulait donner un coup de jeune à sa ville, située au coeur du bassin de la Ruhr sinistré par la désindustrialisation.

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