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05/04/2016 01:38 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Love Parade meurtrière en Allemagne : un tribunal rejette la tenue d'un procès pénal

Un tribunal allemand a refusé mardi la tenue d'un procès au pénal sur le drame de la Love Parade de Duisbourg, où 21 personnes étaient mortes dans un mouvement de foule en 2010, jugeant les charges contre les prévenus insuffisantes.

"Les soupçons de l'accusation ne peuvent pas être prouvés avec les preuves présentées. On ne peut donc pas s'attendre à une condamnation des (dix) accusés", a indiqué le tribunal de Duisbourg.

"L'ouverture d'un procès (au pénal) est refusée pour des raisons matérielles", précise le tribunal.

Le Parquet de Duisbourg ainsi que les parties civiles disposent d'une semaine pour faire appel.

L'une des avocates des parties civiles, Bärbel Schönhof, a déclaré à l'agence DPA que cette décision était une "gifle" assénée à des gens "extrêmement traumatisés" par le drame qui a ensanglanté cette grande fête de la musique techno.

Elle va à l'encontre des voeux du Parquet qui, en février 2014, avait demandé le renvoi devant le tribunal pour "homicide involontaire ou blessures involontaires" de six employés de la Ville et quatre salariés de la société qui avait organisé ce festival.

Le procureur de Duisbourg, Horst Bien, avait alors précisé qu'à l'issue de l'enquête, le Parquet était convaincu que "des erreurs graves" avaient été commises dans "la conception et l'autorisation" de cette Love Parade et que "des manquements à la sécurité" avaient eu lieu le jour de la catastrophe.

Le drame avait eu lieu le 24 juillet 2010. 21 personnes, dont sept étrangers, étaient mortes étouffées aux abords d'un tunnel, unique accès au terrain d'une ancienne gare de fret qui hébergeait la Love parade. Quelque 650 personnes avaient en outre été blessées, dont certaines gravement.

Le tribunal de Duisbourg a notamment jugé que l'expertise d'un spécialiste britannique, pièce maîtresse de l'accusation, souffrait de "manquements graves" et n'était pas "exploitable".

Après le drame, autorités et organisateurs s'étaient rejeté la responsabilité.

Le maire conservateur de la ville, Adolf Sauerland, qui s'était battu pour accueillir la manifestation, avait été forcé de démissionner le 12 février 2012 après un référendum organisé dans sa municipalité pour obtenir son départ.

Avec cette Love Parade, M. Sauerland voulait donner un coup de jeune à sa ville, située au coeur du bassin industriel de la Ruhr, coeur charbonnier et sidérurgique de l'Allemagne et sinistrée par la désindustrialisation.

bur-dsa/alf/at