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05/04/2016 06:58 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Le pape pourrait se rendre à Lesbos, où les demandes d'asile se multiplient

Le pape François pourrait se rendre à Lesbos la semaine prochaine pour exprimer sa solidarité aux réfugiés bloqués sur les îles grecques, où les demandes d'asile se multiplient après de premiers renvois vers la Turquie.

L'Eglise orthodoxe de Grèce a annoncé mardi que le pape avait exprimé ce souhait, et avoir accepté une telle visite à Lesbos, principale porte d'entrée des réfugiés et migrants en Europe depuis janvier 2015. La date du 15 avril aurait été retenue, selon le site spécialisé grec dogma.gr.

Trois mille migrants se trouvent actuellement sur l'île, la plupart retenus dans le camp de Moria avant d'être renvoyés vers la Turquie, conformément à l'accord UE-Ankara visant à endiguer le flux migratoire.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, "n'a pas démenti qu'il y ait des contacts" en cours pour une telle visite du pape, qui avait fustigé le 27 mars "le refus" des migrants et réfugiés par "ceux qui pourraient leur offrir un accueil et de l'aide"..

Le Saint-Synode grec espère voir participer à une telle visite le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, chef spirituel des orthodoxes, qui réside en Turquie.

La nouvelle de ce possible déplacement intervient au lendemain du premier renvoi en Turquie, depuis les îles de Lesbos et de Chios, de 202 migrants qui n'ont pas demandé d'asile en Grèce, selon Athènes, en vertu de l'accord UE-Turquie controversé, signé le 18 mars.

Selon une source officielle turque, les renvois doivent reprendre mercredi, avec 200 personnes acheminées de Lesbos au port turc de Dikili, ce qu'Athènes n'a pas pour le moment confirmé.

Les départs reprendront "quand un nombre suffisant" de migrants aura été réuni et que les autorités turques auront donné leur accord, a souligné à l'AFP Giorgos Kyritsis, porte-parole du service grec de coordination de la politique migratoire.

L'accord UE-Turquie prévoit que tout migrant arrivé en Grèce après le 20 mars et qui n'a pas fait de demande d'asile en Grèce, ou dont la demande a été rejetée, doit être renvoyé en Turquie.

- Des Afghans renvoyés indûment? -

Pour parer à cette perspective, de nombreux migrants se sont précipités ces derniers jours pour demander l'asile en Grèce : plus de 2.300 demandes d'asile avaient été enregistrées mardi, sur quelque 6.000 migrants visés par l'accord, et actuellement retenus sur les îles de leur arrivée (Lesbos, Chios, Kos, principalement) a indiqué à l'AFP Philippe Leclerc, représentant en Grèce du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU.

Or la Grèce s'est engagée avant tout renvoi à examiner cas par cas les demandes d'asile, pour vérifier si les candidats à une protection internationale peuvent en bénéficier en Turquie.

Toutefois, M. Leclerc a dit "craindre que 13 personnes, des Afghans pour la plupart, qui avaient exprimé le souhait de pouvoir demander l'asile, n'aient pas pu être enregistrées à temps", et aient été incluses à leur corps défendant dans le groupe de lundi.

Ils auraient pu être victimes de la confusion régnant à Chios depuis les rixes qui ont provoqué la fuite de 600 migrants, selon les médias, hors du camp de rétention de Vial d'où sont censés être coordonnés les départs.

Selon Toufik, un Afghan interné à Moria, le camp de Lesbos, les autorités grecques ont traîné les pieds au début pour enregistrer les demandes, avant d'accélérer le rythme, grâce notamment à l'arrivée des premiers renforts européens promis dans le cadre de l'accord UE-Turquie.

Mais sur quelque 2.300 agents attendus par Athènes-- surtout policiers et experts de l'asile-- seul un dixième était déjà déployé sur les îles, selon la Commission européenne.

A Moria, la direction du camp n'en a pas moins informé par mégaphone des formalités à suivre.

Outre ceux visés par l'accord UE-Turquie, 46.000 autres migrants arrivés avant le 20 mars stagnent toujours en Grèce, et 225 autres ont encore débarqué sur les îles depuis lundi, selon les autorités grecques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 172.089 migrants sont arrivés en UE par la mer depuis le 1er janvier, dont 152.137 en Grèce et 19.287 en Italie.

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