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05/04/2016 13:58 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Le Canada serait bien positionné pour faire face à la volatilité chinoise

OTTAWA — La Banque du Canada juge que l'économie du pays est bien positionnée pour affronter tout choc économique qui pourrait provenir de la Chine — même si le pays asiatique est devenu le deuxième plus grand partenaire du Canada.

Selon la sous-gouverneure de la banque centrale, Carolyn Wilkins, si la croissance de l'économie chinoise devait s'avérer inférieure d'un point de pourcentage aux prévisions, la croissance économique canadienne ne glisserait que d'un dixième de point de pourcentage.

En comparaison, si la même chose se produisait aux États-Unis, l'impact sur le produit intérieur brut canadien serait six fois plus important, a précisé Mme Wilkins dans le texte d'un discours qu'elle devait prononcer devant la Chambre de commerce du Grand Vancouver.

Selon Mme Wilkins, la banque a étudié quel pourrait être l'impact, pour le Canada, d'un choc provenant de la Chine. L'économie chinoise poursuit sa route vers la maturité et sa croissance ralentit pour atteindre un rythme plus soutenable, a-t-elle expliqué.

«Le Canada n'est pas à l'abri des risques que fait planer la transition de la Chine sur l'économie mondiale», a affirmé Mme Wilkins dans le texte de son discours.

«Il est néanmoins bien placé pour les gérer.»

Les banques canadiennes ne sont pas fortement exposées de façon directe à la Chine, et toute répercussion négative serait essentiellement ressentie par l'entremise d'un ralentissement dans les échanges commerciaux et par une baisse des prix des produits de base, a précisé Mme Wilkins.

Cependant, une chute soudaine et significative de la valeur de la devise chinoise, le renminbi, pourrait perturber le système financier, ce qui aurait des conséquences pour le Canada.

«Les institutions financières canadiennes disposent des fonds propres et des liquidités nécessaires pour faire face à ce genre de choc défavorable», écrit-elle dans son discours, avant d'ajouter que les tests de résistance ont démontré que les banques canadiennes pourraient résister à un choc de plus grande ampleur que ceux survenus durant la crise financière de 2008.

La Banque du Canada calcule que la Chine a le potentiel de croître à un rythme annuel d'environ six pour cent pendant les 15 prochaines années. En janvier, la banque centrale a prédit que l'économie chinoise progresserait de 6,4 pour cent en 2016 et de 6,2 pour cent l'an prochain.

La sous-gouverneure a rappelé que les échanges commerciaux entre le Canada et la Chine avaient plus que quintuplé au cours des 15 dernières années, et que plus de 400 entreprises canadiennes ont y ont maintenant un pied. Les exportations canadiennes vers la Chine dépassent maintenant le cap des 20 milliards $ par année, a ajouté Mme Wilkins.

«On peut difficilement exagérer la rapidité avec laquelle les liens économiques entre les deux pays se sont développés», peut-on lire dans son discours.