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04/04/2016 23:16 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

La Chine, marché essentiel pour le cabinet d'avocats au coeur des "Panama Papers"

Le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au coeur du scandale des "Panama Papers" sur les paradis fiscaux, a davantage de bureaux en Chine que dans n'importe quel autre pays --alors même que le régime communiste vante ses efforts anticorruption et dit contrôler étroitement les sorties de capitaux.

En analysant des millions de documents provenant de Mossack Fonseca, la vaste enquête menée par une centaine de médias à travers le monde a identifié des proches de plusieurs personnalités appartenant à l'élite politique chinoise.

Mais au-delà des familles de ces dirigeants --dont le président Xi Jinping lui-même--, la deuxième économie mondiale représentait pour le cabinet panaméen un gisement important et crucial de clients fortunés.

Mossack Fonseca, dont la spécialité est de créer des sociétés offshore et d'élaborer des montages juridiques complexes obscurcissant la provenance des fonds placés, possède ainsi des bureaux dans huit villes chinoises, selon son site internet.

On y trouve les centres financiers de Shanghai et Shenzhen, les ports de Dalian, Qingdao et Ningbo, Hangzhou --métropole industrielle proche de Shanghai--, ou encore la capitale provinciale de Jinan (Shandong, est), un centre de l'industrie charbonnière.

Le place financière de Hong Kong, territoire disposant d'une large autonomie et voie d'accès privilégiée à la Chine continentale, complète la liste.

C'est d'ailleurs à Hong Kong que la firme panaméenne compte le plus d'"intermédiaires" (avocats, banques...) lui adressant des clients, loin devant le Royaume-Uni et la Suisse, selon des données révélées par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui a coordonné l'enquête journalistique.

Mieux encore: un recensement interne réalisé par Mossack Fonseca avait conclu que, parmi ses clients propriétaires de sociétés offshore, la plus grosse proportion venaient de Chine continentale, suivi par par les Hongkongais, a indiqué le journal britannique The Guardian.

De quoi soulever des questions, alors que Xi Jinping a engagé depuis trois ans une vaste campagne anticorruption destinée à assainir les rangs du Parti communiste chinois (PCC), avec à la clef de nombreuses arrestations de cadres du régime.

Pékin est par ailleurs censé restreindre drastiquement les sommes que les particuliers ont officiellement le droit de convertir et sortir du pays. Pour autant, un rapport de la banque centrale chinoise avait conclu en 2011 que les officiels corrompus avaient placé à l'étranger plus de 120 milliards de dollars.

Les autorités ont par ailleurs lancé une vaste "chasse aux renards" pour retrouver à travers le monde les cadres accusés d'avoir détourné des fonds et enfuis à l'étranger.

Les "Panama Papers", selon l'ICIJ, permettent d'épingler "au moins huit membres, anciens ou actuels" du tout-puissant comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC), l'organe qui dirige le pays.

Le beau-frère de Xi Jinping, la fille de l'ex-Premier ministre Li Peng ou encore une petite fille du haut dirigeant Jia Qinglin, possédaient ainsi des sociétés écran offshore.

dly/jug/ple/pt