NOUVELLES
05/04/2016 19:59 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Japon: la justice rejette une demande d'arrêt des deux seuls réacteurs en service

Un tribunal japonais a rejeté mercredi le recours de riverains qui réclamaient l'arrêt des deux seuls réacteurs nucléaires actuellement en service dans l'archipel, a-t-on appris auprès de la compagnie exploitante, Kyushu Electric Power.

Cette décision de la haute cour de Fukuoka concerne les unités Sendai 1 et 2, situées dans la préfecture de Kagoshima, dans le sud du Japon.

Elle confirme ainsi un jugement de première instance: en avril 2015, un tribunal avait considéré que le certificat de sûreté accordé par l'Autorité de régulation nucléaire était basé sur une décision rationnelle et n'avait donc pas enjoint à la compagnie d'arrêter les réacteurs.

Selon l'agence Jiji, les plaignants ont prévu de déposer un appel auprès de la Cour suprême. Ils arguent que la compagnie a sous-estimé les risques de tremblement de terre et d'éruption volcanique de grande ampleur.

Le Japon a traversé une période "zéro nucléaire" pendant deux ans, entre septembre 2013 et août 2015, conséquence de l'accident de Fukushima qui a entraîné un durcissement des règles et nécessité de nouveaux examens.

Sendai 1 a été relancé en août 2015 et Sendai 2 en octobre suivant et ces deux tranches sont aujourd'hui les seules en opération dans le pays.

Deux autres avaient été réactivées au début de cette année, Takahama 3 et 4, mais un tribunal a ordonné leur arrêt peu de temps après, jugeant que toutes les leçons de Fukushima n'avaient pas été tirées et que les dispositions vis-à-vis des risques de catastrophe naturelle n'étaient pas suffisantes. La compagnie qui exploite le site Takahama, Kansai Electric Power, a fait appel mais les réacteurs restent à l'arrêt en attendant une nouvelle décision.

Avant le drame de Fukushima provoqué par un tsunami en mars 2011, le Japon comptait 54 réacteurs exploitables, un nombre désormais ramené à 42 après la décision de démanteler les six de Fukushima Daiichi (la centrale ravagée) et six autres à travers le pays.

Le sort des quatre de Fukushima Daini (une deuxième centrale de la région de Fukushima également touchée par le tsunami) n'a pas encore officiellement été tranché, mais il paraît assez improbable qu'ils puissent un jour être de nouveau mis en service.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques, car l'industrie a besoin d'énergie et l'importer coûte cher, le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe plaide depuis plus de trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d'une opinion publique majoritairement contre. Une position qu'a réitérée mercredi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

bur-kap/anb/bd

THE KANSAI ELECTRIC POWER CO