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04/04/2016 20:54 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Japon: décision de justice attendue mercredi sur les 2 seuls réacteurs nucléaires en service

Une décision de justice doit être rendue mercredi matin au Japon au sujet des deux seuls réacteurs nucléaires actuellement en service dans l'archipel, le tribunal de Fukuoka (sud-ouest) étant susceptible de demander leur arrêt.

Le jugement de la haute cour de Fukuoka concerne les unités Sendai 1 et 2, situées dans la préfecture de Kagoshima et exploitées par la compagnie régionale Kyushu Electric Power, contre laquelle un groupe de citoyens a déposé un recours.

En avril 2015, un tribunal de première instance avait jugé que le certificat de sûreté accordé par l'Autorité de régulation nucléaire était basé sur une décision rationnelle et n'avait donc pas enjoint à la compagnie de les arrêter.

Si la justice décidait mercredi que Sendai 1 et 2 devaient cesser de fonctionner, le Japon retomberait dans une période "zéro nucléaire" de plusieurs mois au moins, comme cela avait été le cas pendant deux ans entre septembre 2013 et août 2015.

Toutes les tranches du pays avaient été progressivement arrêtées pour subir de nouveaux examens sur la base de normes durcies à l'aune du désastre de Fukushima.

Sendai 1 a été relancé en août 2015 et Sendai 2 en octobre suivant et ces deux tranches sont les seules actuellement en service dans le pays.

Deux autres avaient été remises en exploitation au début de cette année, Takahama 3 et 4, mais un tribunal a ordonné leur arrêt peu de temps après, jugeant que toutes les leçons de l'accident de Fukushima n'avaient pas été tirées et que les dispositions vis-à-vis des risques de catastrophe naturelle n'étaient pas suffisantes. La compagnie qui exploite le site Takahama, Kansai Electric Power, a fait appel mais les réacteurs restent à l'arrêt en attendant une nouvelle décision.

Avant le drame de Fukushima provoqué par un tsunami en mars 2011, le Japon comptait 54 réacteurs exploitables, un nombre désormais ramené à 42 après la décision de démanteler les six de Fukushima Daiichi (la centrale ravagée) et six autres à travers le pays. Le sort des quatre de Fukushima Daini (une deuxième centrale de la région de Fukushima également touchée par le tsunami) n'a pas encore officiellement été tranché, mais il paraît assez improbable qu'ils puissent un jour être de nouveau mis en service.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques, car l'industrie a besoin d'énergie et l'importer coûte cher, le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe plaide depuis plus de trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d'une opinion publique majoritairement contre.

kap/pyv

THE KANSAI ELECTRIC POWER CO