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05/04/2016 08:48 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Etudiant italien torturé à mort: délégation égyptienne à Rome mercredi

Une délégation de magistrats et de policiers égyptiens se rendra mercredi à Rome pour rendre compte de l'enquête sur l'assassinat de Giulio Regeni lors de réunions que l'Italie a qualifiées de "décisives" sous peine de "mesures immédiates et proportionnées".

Enlevé le 25 janvier au Caire, cet étudiant italien de 28 ans avait été retrouvé mort dans un fossé 10 jours plus tard, le corps couvert des stigmates de tortures épouvantables. Depuis, l'Italie réclame que les coupables soient identifiés et punis.

"Une délégation de membres du parquet général d'Egypte et de policiers impliqués dans l'enquête (...) quittera le Caire demain mercredi, emmenée par le vice-procureur général Mostafa Soleiman, pour présenter les derniers éléments de l'enquête", a annoncé mardi le parquet général.

Les autorités italiennes ont confirmé que cette délégation était attendue pour des rencontres jeudi et vendredi avec les magistrats et enquêteurs italiens chargés du dossier à Rome.

"Nous sommes à la veille de rencontres importantes qui pourraient être décisives pour le déroulement de l'enquête", a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, mardi matin devant le Sénat.

Le 25 mars, le ministère égyptien de l'Intérieur avait annoncé que la police avait tué quatre membres d'un gang criminel spécialisé dans l'enlèvement d'étrangers et retrouvé chez l'un d'eux les effets personnels de Regeni.

Mais M. Gentiloni a de nouveau dénoncé cette annonce comme "une tentative d'accréditer une vérité commode".

Pour la poursuite de l'enquête, Rome attend toujours les relevés du téléphone de l'étudiant et les images de vidéo-surveillance du quartier où il a été enlevé, et demande des explications sur "la probable mise sous surveillance de Giulio Regeni avant sa disparition", a déclaré le ministre.

Faute de quoi, "le gouvernement est prêt à réagir en adoptant des mesures immédiates et proportionnées", a-t-il insisté. "Au nom de la raison d'Etat, nous n'accepterons pas de vérité fabriquée (... et) nous ne laisserons pas piétiner la dignité de notre pays".

Dans l'après-midi, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a insisté: "Nous nous arrêterons à la vérité, point, la vraie vérité. Nous le devons à Giulio, à ses amis, à sa maman, à son papa, à sa petite soeur, et nous le devons aussi à nous tous", a-t-il déclaré lors d'un dialogue vidéo sur Facebook avec des internautes.

Dans un communiqué, le ministère égyptien des Affaires étrangères a refusé de commenter les déclarations de M. Gentiloni, estimant qu'elles ne faisaient que "compliquer la situation".

Malgré les vifs démentis du gouvernement égyptien, la presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux en Egypte soupçonnent des membres d'un des services de sécurité égyptiens d'avoir assassiné Giulio Regeni.

Selon les rapports d'autopsie, le jeune doctorant à l'université britannique de Cambridge a vécu un véritable calvaire pendant plusieurs jours avant de mourir la nuque brisée.

"Je ne vous dis pas ce qu'ils lui ont fait. Sur son visage j'ai vu tout le mal de ce monde", a témoigné la semaine dernière sa mère Paola, assurant n'avoir reconnu que la pointe du nez de son fils.

Depuis que l'armée a destitué en juillet 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi, le nouveau pouvoir mène une répression sanglante contre ses partisans et implacable contre toute autre opposition, laïque et libérale.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent régulièrement les autorités égyptiennes de centaines de disparitions forcées, de détentions illégales et d'actes de torture et autres violences en détention.

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