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05/04/2016 04:56 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Ciment à Gaza: un responsable du Hamas dément détourner l'aide

Un responsable du Hamas dans la bande de Gaza a démenti mardi les accusations israéliennes selon lesquelles il détournait des matériaux nécessaires à la reconstruction du territoire ravagé par les guerres.

Imad al-Baz, directeur adjoint du ministère de l'Economie à Gaza, a aussi mis en garde auprès de l'AFP contre le risque d'une "explosion" si Israël continue de bloquer l'entrée de ciment dans le territoire hermétiquement fermé par la barrière de sécurité israélienne et la frontière égyptienne.

Israël a décidé de suspendre "jusqu'à nouvel ordre" l'entrée de ciment destiné au secteur privé dans la bande de Gaza après avoir appris qu'Imad al-Baz "avait pris des matériaux destinés à la construction civile", a indiqué un communiqué de l'organe israélien compétent (le Cogat) sur son compte Facebook.

La décision ne concerne que la distribution de ciment au secteur privé, et non pas à l'ONU ou aux organisations internationales, a précisé un responsable israélien.

Le ciment, à l'instar de tous les matériaux de construction, est une marchandise très convoitée dans la bande de Gaza, ravagée entre 2008 et 2014 par trois guerres dont la dernière a détruit ou endommagé des dizaines de milliers de bâtiments et d'infrastructures.

Israël surveille très étroitement les entrées de matériaux, de crainte qu'ils ne soient détournés à des fins militaires par le Hamas, son ennemi qui dirige sans partage le territoire.

Israël accuse le Hamas d'avoir repris la construction de tunnels pouvant lui servir à s'infiltrer sur le territoire israélien.

Après la guerre de 2014, un mécanisme impliquant l'Autorité palestinienne, Israël et l'ONU a été mis en place pour acheminer les matériaux et veiller à ce qu'ils aient une finalité civile.

"Nous n'interférons pas avec le mécanisme en ce qui concerne le ciment", a soutenu Imad al-Baz. Toute la distribution de ciment est sous la surveillance de caméras israéliennes au point de passage entre Israël et Gaza, a-t-il ajouté.

La décision israélienne menace de "gripper les rouages de la reconstruction, de détruire l'économie (gazaouie) et d'accroître le chômage, avec les répercussions que cela implique pour des dizaines de milliers de personnes", a-t-il soutenu.

"Si Israël continue à empêcher la fourniture de ciment à Gaza, la situation va exploser à la face de l'occupant (israélien) et c'est lui qui en portera la responsabilité", a-t-il poursuivi.

Pour le COGAT israélien au contraire, ce détournement "montre clairement combien le Hamas maltraite et nuit à la population civile de Gaza pour servir ses propres intérêts".

Robert Piper, coordinateur humanitaire des Nations unies pour les Territoires palestiniens, a dit à l'AFP ne pas disposer des éléments permettant aux Israéliens d'accuser Imad al-Baz. L'ONU s'emploie à résoudre le problème, a-t-il déclaré.

L'interdiction israélienne ne s'applique qu'au secteur privé et les Nations unies ou un donateur aussi important dans la bande de Gaza que le Qatar continuent à recevoir du ciment, a-t-il précisé.

"Nous espérons que cela va rester limité à une très courte période, a dit M. Piper. Cela ne peut pas durer, sinon cela aura un impact sur le processus de reconstruction".

Environ 80 camions chargés chacun de 40 tonnes de ciment rentrent chaque semaine dans Gaza, selon le COGAT.

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