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05/04/2016 04:51 EDT | Actualisé 06/04/2017 01:12 EDT

Chine: ZTE remplace plusieurs dirigeants, après les restrictions américaines

Le géant chinois des équipements télécoms ZTE s'est choisi un nouveau président et a remplacé plusieurs dirigeants, a-t-il annoncé mardi, après avoir été visé par de drastiques restrictions commerciales aux Etats-Unis pour violation de l'embargo contre l'Iran.

Accusé d'avoir "illicitement réexporté" vers l'Iran des équipements visés par l'embargo américain contre Téhéran, via un montage complexe de sociétés écrans, ZTE avait fait l'objet début mars de représailles commerciales de la part de Washington.

Or, le vaste remaniement de sa direction auquel a procédé mardi ZTE vise particulièrement trois responsables directement désignés dans les documents publiés par le ministère américain du Commerce (DoC).

Shi Lirong, président du groupe chinois depuis six ans, sera ainsi remplacé par l'actuel directeur de la technologie Zhao Xianming, qui prendra également la tête du conseil d'administration --où M. Shi conservera un siège--, selon le communiqué de l'entreprise.

Par ailleurs, dans la liste des membres du nouveau conseil d'administration, ne figurent plus Tian Wenguo et Qiu Weizhao, qui étaient jusqu'alors vice-présidents du groupe.

MM. Tian et Qiu, selon les documents publiés par le DoC et consultés par l'AFP, avaient directement ordonné la mise en place, depuis au moins 2011, de firmes écrans destinées sciemment à contourner l'embargo américain sur l'Iran.

En guise de sanction, le DoC avait exigé que ZTE demande désormais aux autorités américaines une "autorisation" spéciale à chaque fois qu'il souhaite acquérir une quelconque marchandise aux Etats-Unis.

Cette restriction, de nature à sévèrement perturber les chaînes d'approvisionnement de ZTE, a cependant été de facto suspendue fin mars, avec l'octroi d'une "licence temporaire d'exportation" de trois mois, susceptible d'être prolongée selon les efforts de coopération de l'entreprise.

Or, selon le Wall Street Journal, le départ des trois responsables concernés était une condition de l'accord passé entre ZTE et le gouvernement américain pour cette suspension temporaire des restrictions.

Fondé en 1985, ZTE propose des équipements télécoms et services dans quelque 160 pays, notamment aux Etats-Unis, où il a réalisé une percée fulgurante sur le marché des smartphones.

Pékin s'était dit "fortement mécontent" des restrictions imposées à ZTE par les Etats-Unis, tandis que le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait déploré "le préjudice (...) sans utilité en soi" infligé à l'entreprise.

jug/ib