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04/04/2016 23:39 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Bangladesh : poursuites contre des milliers d'opposants à des centrales chinoises

La police du Bangladesh a engagé mardi des poursuites pour vandalisme contre des milliers d'habitants d'un village ayant manifesté contre des projets de centrales à charbon financés par des groupes chinois.

Quatre manifestants ont été tués lundi par des tirs de la police et des dizaines d'autres blessés dans le village de Gandamara, sur la côte sud-est du Bangladesh, où deux centrales doivent être construites pour 2,4 milliards de dollars.

Selon les habitants, la manifestation était pacifique mais la police a affirmé que 11 de ses hommes avaient été blessés, dont l'un à la tête. Trois manifestants au moins ont été arrêtés.

"Nous avons engagé des poursuites pour violences contre environ 3.200 personnes. Nous avons identifié 57 personnes", a dit le chef de la police locale Swapan Kumar à l'AFP.

Les opposants ont manifesté car ils craignent des atteintes à l'environnement en raison de la pollution générée par ces centrales, et s'inquiètent également d'être expulsés, selon le policier.

Les manifestations ont débuté il y a quelques jours après que le conglomérat du Bangladesh S. Alam a commencé des travaux d'aplanissement du sol pour préparer la construction des centrales.

Les opposants estiment que les poursuites engagées par la police pourraient donner plus de marge de manoeuvre aux autorités pour les harceler ou les arrêter.

"La police va faire usage sans discernement à son pouvoir contre n'importe quel villageois qui s'élèverait contre ces centrales", a dit un instituteur du village, sous couvert d'anonymat, par téléphone à l'AFP.

Des centaines d'habitants ont à nouveau manifesté mardi contre le projet et pour réclamer justice en faveur des quatre personnes tuées.

Selon les médias locaux, le conglomérat envisage la construction de deux centrales à charbon sur un site implanté en bordure du Golfe du Bengale, pour une capacité de 1.224 mégawatts.

Deux groupes chinois, SEPCOIII Electric Power et HTG, doivent apporter 1,75 milliard de dollars de financement, selon le quotidien Daily Star.

Les autorités du district de Chittagong, où est situé le site, ont ordonné une enquête sur ces violences.

En mars, des milliers de personnes avaient manifesté contre un projet de construction d'une énorme centrale à charbon en lisière des Sundarbans, la plus grande forêt de mangroves du monde.

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