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05/04/2016 07:26 EDT | Actualisé 06/04/2016 07:26 EDT

Le ministère de la Santé diffuse les résultats de ses inspections des hôpitaux (VIDÉO)

Pour la première fois, le ministère de la Santé diffuse les résultats de ses inspections des bâtiments dans le réseau de la santé. Conclusion : plus de 20 % des bâtiments hospitaliers du Québec inspectés sont en mauvais ou en très mauvais état; un pourcentage qui est encore plus élevé pour les CHSLD.

Un texte de Davide Gentile

Partout, le bâtiment principal de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont montre des signes de fatigue. Coin nord-est, une quinzaine de mètres de grillage ont été installés parce que les briques menacent de tomber. Des allèges sont fendillées. Des dizaines de fenêtres en bois sont attaquées par la pourriture. Le bâtiment n'est plus à la hauteur de cette institution qui pratique une médecine de pointe dans plusieurs domaines.

Maisonneuve-Rosemont a beau être un des plus gros hôpitaux de la province, c'est aussi un des plus mal en point. Le bâtiment principal obtient la pire note octroyée par Québec : un E. « On n'est absolument pas surpris du classement », affirme Martin Légaré, intensiviste et pneumologue.

Indice d'état

A - Très bon : L'infrastructure est habituellement récente ou elle est remise à neuf. Elle rend le service sans interruption ou ralentissement, assure la sécurité des personnes et n'affecte pas leur santé.

B - Bon : L'infrastructure présente un niveau léger de dégradation et de défectuosité. L'immeuble, l'ouvrage de génie civil ou, le cas échéant, l'équipement nécessite certains travaux de maintien d'actifs.

C - Satisfaisant : L'infrastructure présente un niveau modéré de dégradation et de défectuosité, et nécessite régulièrement des travaux de maintien d'actifs.

D - Mauvais : L'infrastructure présente un niveau élevé de dégradation et de défectuosité, et nécessite des travaux de maintien d'actifs importants et parfois urgents.

E - Très mauvais : L'infrastructure présente un niveau très élevé de dégradation et de défectuosité, et nécessite des travaux de maintien d'actifs très importants et souvent urgents.

Il y a quelques semaines certaines chambres de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont ont connu des problèmes d'humidité. Des patients ont dû être déplacés et l'établissement a dû prendre le temps de repeindre les lieux. Et le vendredi 1er avril, plusieurs opérations ont été reportées, parce qu'il faisait trop chaud.

Il y a quand même 17 personnes qui n'ont pas été opérées. Ça, c'est directement une conséquence de la ventilation en salle d'opération qui est trop vieille.

Rafik Ghali, chirurgien vasculaire de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Selon le Dr Légaré, la vétusté se traduit surtout par un espace de travail moins fonctionnel. La caricature la plus forte ici est le fait que l'hémodialyse se pratique dans des conteneurs en préfabriqué. « Des patients qui sont hémodialysés dans du préfabriqué. Évidemment, ce n'est pas les normes d'un hôpital », dit-il.

Des cas urgents

Une vingtaine d'autres bâtiments obtiennent la pire note octroyée, le E. Les documents du Conseil du Trésor estiment que des travaux de maintien sont dans ces cas « urgents ».

Sans quoi on précise que dans certains cas, « un remplacement ou une mise hors de service de l'infrastructure s'impose ». Le tiers des bâtiments du site de l'Hôpital Douglas ont justement reçu la pire des notes. L'urgence psychiatrique obtient un E, le pavillon qui habite la pédopsychiatrie aussi.

Huit centres d'hébergement ou CHSLD, comme le Centre de la Maison-Neuve à Montréal, sont aussi en très mauvais état. La catégorie D pour niveau « élevé » de dégradation est moins problématique, mais regroupe plus de bâtiments. C'est une cinquantaine de bâtiments qui se retrouvent sur cette liste. Par exemple, l'Hôpital du Haut Richelieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, plusieurs pavillons de l'Hôpital Sainte-Justine pour enfants à Montréal, ou encore certains pavillons de l'Hôpital de Saint-Jérôme.

Au total, 22 % des centres hospitaliers inspectés sont en mauvais ou en très mauvais état. Quelque 32 % des CHSLD sont aussi soit en mauvais ou en très mauvais état. Le tiers du réseau a été inspecté. Le gouvernement fera le reste d'ici 2018.

La situation est sérieuse, comme dans d'autres réseaux. Comme dans le réseau de l'éducation, les commissions scolaires ou les universités.

Jean-Pascal Foucault, ingénieur et professeur à l'Université de Compiègnes

M. Foucault salue la démarche du gouvernement québécois. « Le Québec, par les audits qu'il a menés, c'est une amorce correcte. Mais ce n'est pas fini, ce n'est qu'un début », dit-il. D'ici 10 ans, le Québec prévoit investir 10 milliards de dollars pour rénover ou encore remplacer des bâtiments dans le réseau de la santé.

Galerie photo Le site Glen du CUSM Voyez les images