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04/04/2016 08:32 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Un recruteur albanais de l'EI tué en Syrie

Un recruteur albanais du groupe Etat islamique (EI), Almir Daci, a été tué en Syrie, a annoncé lundi sa famille, citée dans plusieurs médias locaux.

Surnommé Abu Bakr al-Albani, Almir Daci, 34 ans, était apparu en juin 2015, en compagnie d'autres jihadistes originaires des Balkans, dans une vidéo de propagande de l'EI intitulée "L'honneur est dans le jihad" ("Honor is in jihad").

Comme d'autres jihadistes venus des Balkans - d'Albanie, mais aussi de Bosnie et du Sandjak, secteur à majorité musulmane du sud de la Serbie -, il appelait à la guerre sainte dans cette région d'Europe.

Ancien imam de Pogradec, à 135 km au sud-est de Tirana, à la frontière avec la Macédoine, Daci aurait joué un rôle actif dans le recrutement de jeunes Albanais partis combattre. Il avait lui-même rejoint ce pays en 2013, selon des sources policières albanaises.

Selon ces sources, au moins 90 ressortissants albanais ont rejoint les rangs jihadistes en Syrie et en Irak depuis 2012. Un chiffre qui fait de l'Albanie un des pays les plus concernés par ce phénomène en proportion de sa population de presque 2,9 millions d'habitants, en grande majorité musulmans.

Une quinzaine de ces combattants islamistes auraient été tués au combat, selon ces estimations communiquées lundi à l'AFP.

"C'est sa femme qui nous a annoncé samedi soir (sa) mort", a déclaré à la chaîne News 24 le frère du jihadiste, Genci Daci. Il a appelé Tirana à intervenir pour que "son corps, son épouse et ses deux enfants" puissent être rapatriés en Albanie.

Certains de ces jihadistes étaient partis avec femmes et enfants, bloqués en Syrie par l'EI, dont le sort est régulièrement évoqué dans la presse albanaise. Selon des rapports de police, outre les veuves, 19 enfants albanais, dont 14 en bas âge, se trouvent actuellement bloqués en Syrie après la mort de leur père.

La justice albanaise a ouvert fin janvier un procès par contumace pour terrorisme contre Almir Daci. Neuf autres personnes, dont deux imams, sont toujours jugés pour avoir "incité et recruté" des candidats albanais au jihad, et d'avoir financé les départs de volontaires recrutés lors des prières dans les mosquées.

Selon le réquisitoire du parquet albanais, ce groupe est soupçonné d'avoir permis l'envoi de 70 combattants, soit une grande partie des jihadistes de ce pays. Participer au jihad en Syrie est passible de quinze ans de prison, une peine récemment alourdie.

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