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04/04/2016 14:43 EDT | Actualisé 05/04/2017 01:12 EDT

Scandale John Ashe: un rapport interne de l'ONU relève des dysfonctionnements

Un rapport interne de l'ONU a relevé des lacunes et des imprudences dans les relations entre l'ONU et des organisations liées au scandale John Ashe, un ancien président de l'Assemblée générale accusé de corruption.

John Ashe a été inculpé en octobre dernier de fraude fiscale par les autorités américaines. Elles le soupçonnent d'avoir accepté plus d'un million de dollars de pots-de-vins d'un réseau chinois.

Le rapport confidentiel des services de supervision interne de l'ONU (Office of Internal Oversight Services - OIOS), obtenu par l'AFP, souligne que des ONG affiliées au groupe immobilier chinois Sun Kian Ip "avaient tissé des liens sous différentes formes avec des départements et bureaux" de l'ONU.

Les inspecteurs ont estimé que dans cette affaire, le respect par le secrétariat de l'ONU des règles et procédures n'avait été que "partiellement satisfaisant".

Cela veut dire, ont-ils expliqué, que "des lacunes importantes (mais pas cruciales ni répandues) existent dans la gouvernance, la gestion du risque et le contrôle des procédures".

Parmi les irrégularités constatées, les inspecteurs de l'OIOS ont notamment relevé que le voyage d'un employé de l'ONU et de son épouse avait été payé par une ONG suspecte.

Une exposition organisée au siège de l'ONU sous le parrainage d'une ONG "pouvait donner l'impression que cette ONG recevait un traitement de faveur". "Le risque pour la réputation de l'ONU (..) était d'autant plus grand que l'ONG en question était affiliée à l'entité désignée dans une plainte en justice" aux Etats-Unis, allusion à l'affaire Ashe.

De même, des employés de l'ONU ayant reçu des iPad lors d'un événement parrainé en août 2015 par cette entité douteuse "ne les ont rendus (...) qu'après le début du présent audit". Il faut que "les employés (de l'ONU) soient davantage conscients de leurs obligations en matière de cadeaux", souligne le rapport.

Il fait suite à un audit mené en novembre et en décembre, sur la période du 1er janvier au 31 octobre 2015.

L'ONU avait rendu public mardi dernier un autre rapport commandé par son secrétaire général Ban Ki-moon, toujours à la suite de l'affaire Ashe.

Il pointait du doigt "des lacunes et des zones d'ombre considérables dans les dispositions régissant les activités du président (de l'Assemblée) et du Bureau" qui l'assiste.

Ce rapport ne se prononçait pas sur le cas précis de John Ashe mais il recommandait une vingtaine de mesures pour mieux encadrer les activités du président et du Bureau et surtout leur financement.

avz/elm